Depuis trop longtemps, je lis sur les réseaux sociaux des monceaux de conneries et j’ai de plus en plus de mal à le supporter.
Ces textes, souvent bien écrits, appellent au réveil de notre conscience politique et sociale. La plupart du temps, on ne peut, dans un premier temps, qu’être d’accord avec le fond du propos. Mais comme souvent l’arbre de la raison cache la forêt de la bêtise.
Alors oui ! Le personnel politique « traditionnel » (c’est-à-dire celui des grands partis) est une caste technocratique et suffisante qui pense que l’activité politique est une activité professionnelle. Comme tout travail mérite salaire et que personne n’aime être payé des clopinettes, les hommes politiques ont organisé le système pour qu’il devienne un bon employeur (pour eux, pour leurs amis, leurs familles et leurs chats ou leurs chiens s’ils le pouvaient). Cette vision intéressée et dévoyée de la vie politique est très éloignée de l’idéal antique de la démocratie et me dégoûte profondément. Dans ce monde-là il n’y a pas vraiment d’idéal ou d’idées politiques, il y a un jeu d’intérêts privés ou partisans qui subordonne les décisions qui touchent l’ensemble de la population. Le seul dogme est « que tout le monde reste à sa place et les affaires tourneront ».
Tournons-nous maintenant vers les extrêmes (c’est ce que les textes dont je parle préconisent dans leur ensemble). Des deux cotés, le discours antisystème, anti-establishment (le vocable dépend de l’extrême que l’on a choisi) est en grande partie le même et, sauf à quelques exceptions près, les représentants de ces mouvances sont sincèrement convaincus de leur validité. La sincérité a ici remplacé le cynisme et l’opportunisme. Alors, me direz-vous, quel est le problème ? Le seul petit problème c’est que ces prises de position sont des idéologies et donc qu’elles sont reconnues comme des vérités révélées qui ne supportent aucune contradiction. Ces hommes politiques sont des dogmatiques qui ne voient le monde qu’à travers leurs lunettes idéologiques et leur vision exclue toute autre explication du monde. Plus grave encore, lorsque des faits avérés contredisent leur vision du monde alors les faits sont fatalement faux et donc disqualifiés. Ces gens n’ont pas une pensée politique mais ils ont une pensée religieuse. Bien sûr, on aimerait un monde plus fraternel et juste ou un monde plus sûr et respectueux mais pas au prix où ces gens-là sont prêts à le payer.
Les partisans du FN disent parfois des vérités mais ils n’en demeurent pas moins des fascistes racistes et intolérants. Les partisans de Mélenchon deviennent à leur insu des islamo-gauchistes par peur de devenir raciste et par idéologie multiculturaliste jusqu’au-boutiste et naïve. Les uns aboutiront à une dictature par haine, les autres par amour. J’ai quand même plus de sympathie pour ceux qui font cela par amour de l’humanité mais il n’en reste pas moins qu’ils sont un danger.
Moi, je n’ai pas de solution, mais il me semble qu’avant de vouloir changer la société, il serait peut-être judicieux de changer notre démocratie, de voir ses limites, ses défauts, de définir ses objectifs.
Bon, je retourne cultiver mon jardin mental.