25/03

Je viens d'apprendre que la matière noire représente 90% de l'univers, une matière inconnue, invisible et non constituée d'atomes mais qui a une masse. On ne peut ni la voir, ni la détecter, on peut voir seulement l'effet de sa masse sur la déformation de l'espace temps. En fait, l'univers visible n'est qu'une petite partie de l'univers donc l'univers n'est pas du tout ce que nous voyons. Et dire qu'il y a des milliards de gens qui pensent qu'après notre mort nous irons dans un monde où il y aura des légions d'êtres ailés, des rivières de miel et de lait, des gus qui jouent de la harpe et même des vierges.... Mouais... Si Dieu a créé un univers physique avec presque rien d'autre qu'une matière inconnaissable et Invisible, il se serait un peu creuser le choux pour nous bricoler un paradis à base de trucs un peu plus délirants et surprenants que ce paradis à base de poulets géants joueurs de harpe, d'abondance de bouffe et de bombasses toutes neuves

26/03

Je voudrais préciser ma pensée à propos du texte sur la composition de l’univers que j’ai posté samedi soir (putain, je n’ai rien d’autre à faire le samedi soir !). Depuis 2 heures je cherche un texte de Michel Serres que j’ai lu il y a déjà un moment (putain, je n’ai rien d’autre à faire le dimanche soir !) et bien sûr impossible de remettre la main sur le bouquin, donc je vais essayer de faire ça de mémoire. Si je me souviens bien, il disait en substance que la compréhension physique de l’apparition d’un arc-en-ciel, ne lui enlevait pas toute la poésie dont il est porteur. La compréhension des phénomènes physiques ne désenchante pas le monde au contraire, elle amène de la richesse au monde. Et loin de le rendre plus simple, voir simpliste, elle le complexifie et chaque nouvelle réponse scientifique amène de nouvelles questions.
Pour ma part, je pense que la science est même parfois plus poétique que la poésie elle-même. En tout cas, la science est souvent bien plus magique que la pensée magique elle-même. Une chose est sûre, la cosmogonie et la cosmologie scientifique sont bien plus prodigieuses que celle proposées par les religions. Les Dieux (multiples ou solitaires) créateurs en tout ou partie de l’univers font bien pâle figure devant les théories parfois folles de la relativité, de la mécanique quantique, du multivers… Même si les religions ont souvent eu des fulgurances intuitives quant à la création de l’univers (chez les Grecs, par exemple Chonos et Chaos sont les premiers principes comme dans notre modèle moderne le temps et l’espace sont primordiaux et liés) il n’en demeure pas moins que leurs récits de la création de l’univers sont anthropomorphiques. Depuis Feuerbach, on peut se permettre de penser que l’homme a créé Dieu à son image. Les récits de création de l’univers suivent le même chemin. Il y a toujours un gus plein de super pouvoir qui décide (parce que, sans doute il s’emmerde comme un rat mort) de créer la matière, les étoiles, la lumière… et hop ! on claque des doigts et la terre apparaît et hop ! on fait sortir l’homme de son chapeau ! Bref, un David Coperfield qui assure grave !
Les cosmogonies scientifiques sont beaucoup plus délirantes, incroyables, incompréhensibles, en un mot magiques. Si les gens prenaient la peine de se renseigner sur les théories qui expliquent l’univers et les phénomènes comme le vivant, ils verraient que cette science, qu’ils pensent si aride, si sèche, est au contraire d’une incroyable poésie. Ils comprendraient enfin que les mythes antiques, premières tentatives d’explications scientifiques du monde, doivent être étudiés et connus pour ce qu’ils sont, des récits mythiques qui recèlent une symbolique qui souvent peut résonner avec la réalité.