Bafouille from nowhere

Science, religion, philosophie, humour, culture, moi

30 août 2008

CROYANCES ALTERNATIVES À L’USAGE DES MAL-COMPRENANTS

La prêtresse au comptoir

Il y a quelques semaines, alors que le mauvais temps persistait à pourrir tous nos week-ends, je profitais goulûment, avant qu’ils ne deviennent un lointain souvenir, de trois rayons de soleil à la terrasse d’un café. N’ayant rien de mieux à faire, je fis ce que tout humain fait lorsqu’il se trouve seul à la terrasse d’un café : j’écoutais les conversations des autres tables.

Voici ce que j’entendis :

« ... Tu comprends... je peux pas prendre toutes ces entités négatives sans que ça ait des conséquences sur mon métabolisme. Moi, je veux bien aider les gens mais là c’est trop pour moi. Tu sais mon corps matériel n’est pas fait pour retenir ces entités, après huit jours... je risque de mourir... Comprends bien que je suis venue sur terre uniquement pour montrer la lumière aux hommes... » De qui pouvait bien émaner ces propos dignes d’un thaumaturge post-modern ? Je me tourne discrètement (aussi discrètement que ma nature et mon volume me le permettent). J’azimute une quinquagénaire un tantinet adipeuse aux faux airs d’Armande Altaï (vous savez la chanteuse, ex« prof » de la Star Ac, exubérante coquette ressemblant au résultat improbable d’un accouplement entre une demi-mondaine 1900 sous acide et un balai de chiottes). Elle s’adressait à une femme plus jeune qui l’écoutait avec la même respectueuse attention que celle des prêtres de Delphes recueillant les vaticinations de la Pythie. Je tendis de nouveau l’oreille et là j’eus droit à la totale : réincarnation, plan vibratoire, corps astral, niveau de conscience...

Je fus tout d’abord pris d’une furieuse envie d’éclater d’un bon gros rire libérateur et rationnel. Bienséance et discrétion obligent, au prix d’un effort quasi herculéen, je parvins à conserver un visage digne de Buster Keaton. Cette impassibilité feinte, au flot discontinu d’absurdités de l’autre Sainte Thérèse d’Avilla décérébrée, s’ajouta pour me faire passer de l’amusement à l’énervement plus vite qu’un poltergeist ne fait voler une table. Je murmurai : « Marc Aurèle, donne-moi la force de résister ! » ; mais au lieu de ce bon vieux Marco, ce fut l’envahissante culpabilité judéo-chrétienne qui rappliqua. Cette petite perfide me glissa à l’oreille que c’était une honte que de me moquer ou de m’emporter contre des personnes n’ayant pas mon système de pensée, ou des connexions neuronales défectueuses. Je baissai piteusement la tête, vaincu. Ce fut mon très cher Casanova qui me tira de ce marasme. Je me souvins d’un passage de ses mémoires où il justifie le fait d’avoir pratiqué quelquefois la risquée mais lucrative activité d’escroc : «  Vous rirez quand vous saurez que souvent je ne me suis pas fait un scrupule de tromper des étourdis, des fripons, des sots quand j’en ai eu besoin. Pour ce qui regarde les femmes, ce sont des tromperies réciproques qu’on ne met pas en ligne de compte, car quand l’amour s’en mêle, on est ordinairement la dupe de part et d’autre. Mais c’est bien différent pour ce qui regarde les sots. Je me félicite toujours quand je me souviens de les avoir fait tomber dans mes filets, car ils sont insolents, et présomptueux jusqu’à défier l’esprit. On le venge quand on trompe un sot, et la victoire en vaut la peine, car il est cuirassé, et on ne sait pas par où le prendre. Tromper un sot enfin est un exploit digne d’un homme d’esprit. Ce qui a mis dans mon sang, depuis que j’existe, une haine invincible contre cette engeance, c’est que je me trouve sot toutes les fois que je me vois en société avec eux.» Et oui ! mon cher Giacomo, la connerie bien concentrée irradie aussi sûrement que l’uranium enrichi. Karl Popper a écrit de nombreux livres pour nous dire que le socialisme n’est pas une pensée scientifique parce qu’il s’autojustifie, parce ce qu’il n’offre pas de prises à la contradiction. Il aurait mieux fait de nous mettre en garde contre la connerie parce qu’elle aussi est « cuirassée », et qu’« on ne sait pas par où la prendre». Avez-vous déjà discuté avec un adepte de l’astrologie, un témoin de Jéhovah, un raciste ou un partisan de Nicolas Sarkozy. Leur système de pensée est tellement fermé sur lui-même que vos arguments, même les plus solides, s’écrasent aussi sûrement qu’un charter low coast surbooké piloté par un pakistanais sous qualifié. A un moment de la conversation on se sent toujours un peu seul « avec sa bite et son couteau » (comme disait ma grand-mère qui avait un couteau mais qui devait sans doute emprunter l’autre accessoire à mon grand-père). On se sent alors devenir idiot, et la prudence vous enjoint de vous éloigner le plus vite possible de ce Tchernobyl de la non-pensée. Fuyons le con, et surtout arrêtons de le plaindre ! Descartes commence son Discours sur la méthode par cette phrase : « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée ». Il voulait dire, de façon ironique, que nous trouvons toujours avoir une capacité de jugement suffisante parce que c’est avec cette même capacité de jugement que nous la jugeons elle-même. Il a écrit son bouquin uniquement dans le but d’apprendre à tous les hommes (et au femmes aussi, même si c’est plus dur) à développer leur bon sens. Tout le monde peut avoir du bon sens parce que l’intelligence « est la chose du monde la mieux partagée ». Les très très peu intelligents et les très très intelligents ne représentent qu’un très très faible pourcentage de la population. Tous les autres ont un intelligence suffisante. La répartition de l’intelligence est une courbe de Gauss que je m’en vais tracer pour vous avec le plus de rigueur possible aussi bien dans les mesures que dans les termes :

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Hormis les personnes dans l’incapacité physique d’avoir du bon sens il serait de bon ton de pourchasser le con, de lui faire honte, de le molester quelque peu. Peu importe les raisons qui le poussent à refuser de se servir de son intelligence (je reviendrai sur ces raisons. Si vous pensiez que j’en avais presque fini, vous me connaissez mal). S’il a une intelligence en état de marche, il doit être blâmé de ne pas s’en servir. Si vous rencontrez un gars qui pue à plein nez et qui possède une salle de bain, vous lui reprocheriez de ne pas, de temps en temps au moins, procéder à un décrassage dans les règles de l’art., non? Dénonçons le con, cela pourra peut-être le sauver. Regardons le droit dans les yeux, et disons-lui : «  Mon pauvre vieux, mais qu’est-ce que t’es con ! » . C’est un geste de simple humanité.

Mon anecdote visait particulièrement un type de con, le pire peut-être : le con sectaire. J’en ai marre d’entendre, à chaque reportage sur les sectes les plus débiles au monde, le commentateur débiter ce lieu commun d’une haute teneur en connerie : « personne n’est à l’abri de se faire embrigader par une secte ». Je veux bien que nul ne soit à l’abri de la dépression, du suicide, de l’alcool ou de la drogue parce que ces comportements, même s’ils ne sont pas rationnels, répondent à des pulsions ou à un état mental. Mais choisir de croire qu’une castration suivie d’un suicide permettront votre transfert sur une autre planète (Heaven’s gate) ou que Claude Vorilhon est le demi-frère de Jésus (Raël), c’est vraiment refuser de faire fonctionner son bon sens, c’est laisser son intelligence battre la campagne, à poil, avec des fleurs dans les cheveux et une plume dans le cul. Les gourous, cons de compétition eux-mêmes ou princes de l’arnaque, sont capables d’inventer des contes d’une incroyable crétinerie et me plongent dans une abyssale perplexité lorsque je constate qu’ils sont crus. Voyons ça de plus près avec deux sectes qui comptent des millions d’adeptes très cons à travers le monde. Un conseil : accrochez-vous à ce qui vous tombe sous la main parce que l’on va embarquer dans le super grand huit de la connerie.

Moroni chez les cow-boys

Ils veulent qu’on les appelle l’Église de Jésus-Christ des Saints des derniers jours , mais nous les connaissons mieux sous le nom de Mormons. Régulièrement nous les voyons, tels des testicules, allant par paire, prêchant la bonne parole. Ils sont 12 millions à travers le monde, et chaque membre reverse à l’Église 10% de leurs revenus. L’Église est à la tête d’une fortune colossale et contrôle l’intégralité de l’immobilier de sa ville, Salt Lack City. Elle a des ambitions politiques depuis sa création. Elle a tenté d’imposer par 5 fois son candidat à l’investiture républicaine pour l’élection présidentielle américaine. Sur quelles croyances s’est bâti cet empire ?

Joseph Smith Jr. est né en 1805 de parents cultivateurs dans l’état du Vermont. La famille Smith est déjà un peu secouée du bocal côté religion. Le père et la mère ont des visions mystiques et toute la famille se sert de pratiques magiques pour chercher des trésors. C’est d’ailleurs, vers 1820, dans cette activité de « money digger » que le jeune Jo se fabrique une petite notoriété. Sa spécialité : la détection des richesses enterrées par l’utilisation d’une « seer stone » (pierre de voyance) trouvée dans un puits. Sa technique : Il met la pierre dans son chapeau, se colle le visage sur le chapeau, comme s’il allait gerber dedans, et là il voit l’endroit du trésor, sa nature, le type d’esprit qui le protège, son nom, sa taille, ce qu’il a pris au petit déjeuner etc. Ensuite le petit Jo et ses frères vont voir le gogo… pardon… le propriétaire du champ et lui proposent de faire fifty-fifty sur tous les biens qu’ils pourrons trouver. Ils commencent à faire des trous partout et bien sûr ne trouvent rien à part peut-être des truffes. Ils retournent voir le propriétaire, qui fait un peu la tronche parce que son champ ressemble à la tête du vieux Jimmy, le clodo du coin, qui a eu la petite vérole dans sa jeunesse. Jo explique au propio de la tête du vieux Jimmy que c’est pas de sa faute, que le gardien du trésor est un gros farceur parce qu’à chaque fois qu’ils sont sur le point de le déterrer, il déplace le magot, mais Jo sent bien qu’avec quelques trous de plus le gardien va finir par lâcher prise. Bien sûr, pour finir le boulot et pour remettre le champs dans un état correct, une petite avance sur le butin de serait pas de refus. Cette petite combine vaudra à Joseph le désagrément de se retrouver, en 1826, devant le tribunal de Bainbridge (NY) pour « avoir trompé des personnes trop crédules avec un pseudo don pour découvrir des trésors enfouis ».

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C’est également pendant cette période de sa vie que, d’après les propres dires de Joseph, sa carrière va prendre une nouvelle dimension. Il se fait remarquer par le grand patron en personne. Un coup de bol extraordinaire, puisque Jo croise Dieu au coin d’un bois. Dieu lui dit : « Alors fiston ! On ballade ? » et Jo de répondre « … » (pas facile de trouver un truc intelligent à dire à Dieu dès la première rencontre). Dieu poursuit : « Tiens ! Je te présente Jésus mon dernier et mon unique. Po! po! po! les enfants c’est du souci ! Et que ça sort jusqu’à pas d’heure, et que ça picole avec ses potes, et que ça fait du grabuge avec les autorités romaines. Et bien sûr y a le paternel pour tout arranger, un petit miracle par-ci, une résurrection par-là. Enfin bref, Je suis en train de lui apprendre les ficelles du métier pour qu’il puisse faire tourner la boutique en mon absence. Jésus, dis bonjour au monsieur !». « B’njour, mec! » dit Jésus d’un air cool. « Sois poli avec Joseph, c’est un ami. Et enlève les mains de tes poches, tu déformes ton aube. Tu me feras le plaisir d’aller chez le coiffeur, que-ce que c’est que cette coupe, on dirait un lévrier afghan, et ces sandales… avec des chaussettes, on dirait un touriste allemand. Enfin bref, délivre le message à Joseph, comme on l’a répété hier à la maison. Et n’oublie pas la voix caverneuse et le halo de lumière sinon on va encore passer pour des baltringues ! ». Et Jésus dit : « Aucune religion à la surface de la terre n’est vraie. Tous les clergés sont corrompus. » et il ajouta avec un petit clin d’œil : « Joli chapeau ! On reste en contact, mec! ». Et poufff! Un petit nuage de fumée façon David Copperfield, et plus personne. Hélas! « devant le Seigneur, un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour », aussi notre brave petit Jo dut attendre trois longues années avant que la God Unlimited Company© ne lui confiât le job de sa vie.

Le chargé de communication du ciel, le fameux Gabriel, devait être occupé à porter une missive top prioritaire ou à annoncer une naissance miraculeuse, parce que la GUC© envoya un jeune directeur du développement marketing jusqu’alors inconnu : Ange Moroni. Il apparut un beau soir directement dans la chambre à coucher de Joseph.

« Salut, Coco ! Bon ! On s’est réuni pour définir des axes stratégiques dans le cadre d’une architecture de communication où l’accent serait mis sur l’avantage de différentiation et sur l’avantage produit. Ca à pas été évident de trouver une formule produit qui nous permette de gagner des GRP sur la cible marketing et sur toutes les CSP. Mais bon ! Après un brand review serré, on est arrivé à la conclusion qu’il faut instaurer une désintermédiation, établir un média planning qui passe par du marketing viral et du buzz marketing, si on veut avoir un bon feed back… t’as compris Coco ? »

« …??? », dit Joseph avec des yeux grands comme des soucoupes.

« Bon Coco ! Je vais simplifier : Si tu deviens notre chargé de clientèle, ça permettra une meilleur pénétration de la cible… »

« …??? », continuait Joseph qui maintenant, en plus des yeux, ouvrait démesurément la bouche. Moroni interrompit sa phrase, observa avec commisération la tête de poison rouge de Coco, se gratta la tête et dit : « On va se goinfrer, Coco ! »

Enfin il lui exposa LA REVELATION et lui assura qu’il recevrait bientôt son kit marketing pour l’instant enterré quelque part dans le l’Etat de New York.

Il fallut encore quatre ans (1827) avant que Jo n’entre en possession du colis constitué d’un livre en or contenant les détails de cette révélation (golden plates), de l’Urim et du Thoummim (pierres enchâssées dans des branches d’argent, comme des lunettes, permettant la traduction du livre) et du pectoral (qui est juste là pour faire joli). Dès cet instant, Jo se met au boulot pour traduire les plaques d’or avec l’aide d’un ami et voisin, Martin Harris. Il lui faudra trois ans pour que « le Livre de Mormon » ne soit traduit entièrement et publié (1830). Quelques petites remarques amusantes sur les plaques et leur traduction avant de vous dévoiler la révélation qu’elles contiennent.

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Tout d’abord, personne n’a vu ces plaques, même si dans l’introduction du livre de Mormon on peut lire les témoignages de 11 personnes qui attestent de leur existence. Si ces 11 témoins ont vu les plaques c’est, de leur propre aveu et de celui de Jo Smith, uniquement dans une vision donnée par Dieu. Joseph déclare que ce livre mesure 6 pouces de large sur 8 pouces de long sur 6 pouces de profondeur, et est en or massif. Il déclare également qu’au moment de sa remise par l’ange Moroni, il a dû échapper à des hommes qui voulaient s’emparer d’une telle quantité d’or. Il dit avoir couru et s’être battu en tenant toujours le précieux bouquin. Le seul petit problème c’est que pour un tel volume d’or, le poids approximatif serait d’une centaine de kilos.

Voici le type de caractère gravé sur les plaques :

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Il s’agit, d’après Joseph, d’égyptien réformé. Le fait que l’égyptien réformé soit une langue totalement inconnue de tous les savants n’inquiète pas plus que ça Jo et ses potes. Mieux encore, Martin Smith déclare avoir montré le fac-similé de l’écriture et la traduction à un spécialiste en science hiéroglyphique et linguistique, Le professeur Anthon. Ce dernier lui aurait déclaré qu’il s’agissait de caractères égyptiens, chaldaïques, assyriaques et que la traduction était super chouette. Pas de bol, il existe un lettre de février 1834 du professeur Anthon où il déclare avoir rencontré Martin Harris. Celui-ci lui aurait montré des caractères fantaisistes soient disant gravés sur des plaques d’or.Il nie avoir vu une quelconque traduction et précise que ce qu’il a vu n’était ni de l’égyptien, ni du copte, ni rien de connu.

La traduction devait être effectuée d’après les indications de l’ange Moroni, à l’aide de l’Urim et du Thummim portés comme des lunettes. Tous les témoignages s’accordent sur le fait que Joseph ne suivait pas du tout le procédé mis au point par Dieu. En effet, notre chasseur de trésor préférait sa bonne vieille méthode du « je me fous la tronche dans le chapeau ». Il ne sortait pas les plaques d’or de leur coffre. Il se contentait de mettre sa pierre trouvée des années auparavant dans le chapeau, d’y plonger son visage, et hop le texte apparaissait devant ses yeux. La question est alors : Pourquoi l’ange Moroni s’est pourri la vie pour lui apporter tout le fourbi , les lunettes, le pectoral et surtout un bouquin de 100 kilos ? Il n’avait besoin de rien de tout ça pour écrire la révélation, puisqu’il n’avait besoin que de son chapeau et d’un banal caillou trouvé dans un puits. Peut être que toute la quincaillerie devait servir à prouver l’authenticité de la révélation ? Personne, dans toute l’histoire du mormonisme, n’a vu aucun de ces objets, mieux encore, après que la traduction ai été terminée, Moroni est venu récupérer tout le toutim pour le ramener à la maison mère.

Une dernière anecdote sur la traduction des plaques : La femme de Martin Harris ne voyait pas d’un très bon oeil le fait que son mari ait déjà donné 50 dollars à Jo et qu’il s’apprête à hypothéquer sa ferme pour financer la publication du « Livre de Mormon ». Elle décide de subtiliser des pages de traduction dictées à son mari pour lui prouver que Jo était incapable de donner exactement le même texte par une nouvelle traduction et donc qu’il inventait l’histoire au fur et à mesure. Lorsqu’il apprit la disparition des pages, le prophète se fâcha tout rouge, engueula Martin Harris d’avoir un femme si perfide et refusa de refaire la traduction de tout le passage dérobé. Il argua que c’était pour éviter les attaques des méchants qui ne manqueraient pas de comparer la nouvelle traduction avec celle qui avait été volée et d’y trouver des dissemblances. Cette déclaration, confondante de naïveté, est une réelle confession que le travail de traduction était en fait un travail de pure imagination.

Venons-en maintenant à la révélation. Voici ce que contient le « Livre de Mormon » : C’est un nouvel Evangile où sont rassemblées les anales de deux peuples les Néphites et les Lamanites qui peuplaient l’Amérique dans les temps anciens. 600 ans avant JC, une tribu israélite au pied particulièrement marin, émigra de Judée en Amérique. A leur arrivée, ils se divisèrent en deux groupes. Le premier groupe, mené par Néphi (les Néphites), continua à aimer le Seigneur et prospéra sous sa bénédiction, en somme, c’était une bande de bons petits gars, blancs et bien propres sur eux. Le second groupe, mené par Laman (les Lamanites), était corrompu et rejeta rapidement les enseignements de l’Eternel. Pour châtier les turpitudes de cette bande de joyeux drilles, Dieu les fit devenir foncés de peau. Ce sont les ancêtres des indiens qui, remarquons-le, ont toujours le rôle de méchants dans l’histoire de l’Amérique. D’un côté des gentils et de l’autre des méchants, la guerre était donc inévitable. Elle dura des siècles, jusqu’à ce que Jésus, grâce à une petite place dans son planning surchargé entre la résurrection et l’ascension, ne vint en personne sur le sol américain leurs prêcher la bonne parole.

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Succès général ! tout le monde redevient copain, en tout cas pendant 200 ans. Ensuite, ça se gâte, les Lamanites refoutent sur la gueule des Néphites. Ils les pourchassent jusque dans le Nord-Est où ils les exterminent. Les deux derniers Néphites, Mormon et son fils Moroni, cachent leurs archives dans l’Etat de New York où Joseph les trouvera 1400 ans plus tard.

Voici la fable en laquelle croient 12 millions de personnes. Ils sont peu nombreux les chrétiens qui pensent que la Bible doit être crue au pied de la lettre. Cependant, la trame de la Bible est historique, l’archéologie a trouvé les lieux, les villes, a prouvé l’existence historique de certains personnages. La Bible est un ouvrage ou le merveilleux se mêle à l’histoire. Si le « Livre de Mormon » était semblable, la science aurait dû prouver l’historicité du peuplement hébreu des Amériques. Elle a fait tout le contraire, puisqu’elle prouve, par l’archéologie, la génétique, la linguistique, et ce de manière formelle, que les indiens d’Amérique n’ont pas d’origines hébraïques.

Résumons-nous : Le prophète Joseph Smith est entaché d’une forte suspicion d’escroc ; l’histoire de la révélation et toute l’histoire du mormonisme est une suite de mensonges et de prophéties bidons ; la révélation elle-même est un tissu d’inepties contraires à la science et à l’histoire.

Le dixième président de l’Eglise Mormone, Joseph Fielding Smith (1876-1972) écrivait : « Le mormonisme, comme on l’appelle, est solidaire de l’histoire de Joseph Smith. Ou bien il était prophète de Dieu, divinement appelé, dûment nommé et autorisé, ou il a été un des plus grands escrocs que ce monde ait jamais vus; Il n’y a pas de moyen terme». Bel effort d’honnêteté intellectuelle. Dommage que la seule façon de savoir la vérité pour un mormon soit la prière. A la question : Comment savoir si le « Livre de Mormon » est vrai ? Voici leur réponse : « Et lorsque vous recevrez ces choses, je vous exhorte à demander à Dieu, le Père éternel, au nom du Christ, si ces choses ne sont pas vraies ; et si vous demandez d’un cœur sincère, avec une intention réelle, ayant la foi au Christ, il vous manifestera la vérité par le pouvoir du Saint-Esprit. Et par le pouvoir du Saint-Esprit, vous pourrez connaître la vérité de toutes choses ». Ils sont trop cons ces Mormons !

Trouver plus con qu’un Mormon ce n’est pas facile, mais trouver plus dangereux et méchant ça ne pose pas trop de difficulté lorsque l’on connaît un peu les scientologues.

S'il te plait, Xénu, reviens vite botter le petit cul osseux de Tom Cruise !

D’après eux, ils sont 6 millions sur terre. Leur chiffre d’affaire est tenu secret mais on sait qu’il est colossal. C’est la seul religion au monde dont la doctrine et les symboles soient intégralement sous copyright. C’est également la seul où rien ne soit gratuit.

Le fondateur de cette machine à sous est un écrivain médiocre de science-fiction : Lafayette Ron Hubbard.

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La difficulté avec la vie de Ron c’est que ces propos ainsi que l’hagiographie officielle de la secte (digne de Kim Il-sung) sont si mensongers que l’on ne sait par où commencer. Peut être en citant quelques personnes bien renseignées qui ne semblent pas entièrement d’accord avec l’opinion des scientologues qui voient chez LRH « le plus grand savant, le plus grand des humanistes et le plus grand des connaisseurs de l’esprit humain n’ayant jamais existé ». Dans un verdict de 1994, le juge Breckenridge de la Cour Suprême de Californie déclarait : « De toute évidence, cet homme se révèle être un mythomane quand il parle de sa vie, ses origines et son œuvre » ou encore « Cette organisation est clairement schizophrène et paranoïaque. Cette combinaison bizarre semble être le reflet de son fondateur ». Sous serment lors d’un procès, Ronald deWolf (le fils aîné de Ron qui préféra changer de nom suite aux menaces proférées contre lui par la secte) fit cette brutale révélation : « Mon père est et a toujours été un escroc ». Il dit aussi, lors d’une interview, « 99% de ce que mon père a jamais écrit ou dit à propos de lui-même est totalement faux ». Précisons que Ron Hubbard a été condamné pour escroquerie en France (Tribunal de Paris, 13ème ch. Correctionnelle 14 fév. 1978) à quatre ans de prison par contumace et à 35000 fr. d’amende, et qu’il fut interdit de séjour en Grande Bretagne à partir de 1984.

Examinons un peu la vie de ce grand homme.

- Il est né le 13 mars 1911 à Tilden dans le Nebraska. Encore très jeune il apprit l’endurance et la ténacité à la rude école du Far West. Il devint même à l’âge de 6 ans « frère de sang » des indiens Pieds-noirs, honneur que peu d’hommes blancs se sont vu accorder.Honneur d’autan plus difficile à obtenir que la cérémonie des « frères de sang » n’existe pas chez les indiens Pieds-noirs. Il aurait pu devenir « frère de Couscous » s’il avait plutôt connu les Pieds-noirs de Tizi-Ouzou.

- A l’âge de 12 ans, alors qu’il voyage sur un bateau, il rencontre le commandant Thompson qui l’initie aux idées de Sigmund Freud et à la philosophie. Son intérêt pour ces sujets sera omniprésent dans son adolescence.Dans ses carnets d’adolescent, utilisés comme pièces à conviction par la cours de justice de Californie, il n’évoque à aucun moment la psychanalyse ou la philosophie.

- De 14 à 19 ans il voyage en Chine, en Mongolie, en Inde et au Tibet.. Il y étudie en profondeur la culture, la philosophie et la sagesse. Il rencontra en autres, des lamas au Tibet, des bandits en Mongolie, des magiciens en Chine. En fait, il ne fit que deux très courts séjours en Asie pour voir son père en poste à Guam. Il n’existe aucune remarque dans ses carnets concernant la philosophie orientale, des magiciens ou des bandits mongols. Les seules réflexions que l’on y trouve sur ces voyages sont d’une banalité affligeante teintée du racisme courant de ces années. Une remarque sort du lot : « Si les chinois transformaient (la muraille de Chine) en montagnes russes , cela leur rapporterait des millions de dollars » ; on voit le niveau !

- A 19 ans, il rentre à l’Université George Washington où il obtient des diplômes en génie civil et mathématique. Il devient également un des meilleurs physicien nucléaire du pays.En fait, il fit des études très médiocres, au point qu’il abandonna les cours en deuxième année. Il eut dans son cursus un cours intitulé « Phénomènes atomiques et moléculaires » auquel il n’a jamais obtenu de note supérieure à F.

Après ses études il devient explorateur remarqué pour ses nombreuses contributions scientifiques : prise de vues sous marines des Caraïbes (Université du Michigan) ; premier relevé minéralogique de Porto Rico ; expérience radio en Alaska.Dans les faits, il n’existe aucune trace de ces contributions dans une quelconque université ou une archive officielle. Son expédition aux Caraïbes était une virée entre étudiants. Il fut assistant d’un ingénieur en travaux public à Porto Rico pour une durée très courte. Son expédition en Alaska fut un fiasco total puisqu’il fut à cours d’argent très rapidement et fut bloqué dans un port de pêche pendant quatre mois à la suite d’une casse moteur de son bateau.

- Durant la seconde guerre mondiale, il fut un héros de guerre vingt et une fois récompensé notamment par deux « purple hearts ».Là c’est carrément « les Charlots au régiment ». En 1941, il est affecté en Australie. Il n’y reste que 4 mois et est renvoyé au États-Unis suite à un rapport de l’attaché naval américain où il est inscrit : « Cet officier n’est pas qualifié pour exercer indépendamment des responsabilités. Il parle trop, veut faire l’important et se prétend doué de capacités exceptionnelles dans presque tous les domaines ». De retour au USA, il fut affecté au service de censure du courrier à New York. Par la suite, il reçut le commandement d’un patrouilleur côtier. Il est encore muté suite à un rapport où il est noté qu’il a «un tempérament inadapté à exercer un commandement indépendant ». Il fut transféré à l’école navale en Floride pour y suivre des cours de chasse anti-sous marins. A la fin de sa formation, il fut affecté à Portland où il reçut le commandement d’un chasseur de sous-marins. 5 heures après le début de sa première sortie en mer, il détecte deux « sous marins japonais » avec qui il engage le combat. Au cours des 68 heures que durèrent les hostilités, Ron utilisa toutes ses munitions et les « sous-marins » ne tirèrent pas une torpille. Après enquête de la Navy, le Commandant en Chef de la flotte Pacifique nota dans son rapport : « L’analyse des rapports confirme ma conviction qu’il n’y avait aucun sous marin dans le secteur ». Il signalait également l’existence d’une formation rocheuse magnétique à l’endroit précis du combat. Ron avait livré le combat de sa vie contre un tas de cailloux. L’état major étouffa l’affaire, mais les fantaisies de Ron ne devaient pas en rester là. Quelques jours plus tard, il rentre, sans même s’en apercevoir, dans les eaux territoriales mexicaines. S’emmerdant fermement si loin de la guerre, il ne trouve rien de mieux que de faire des essais de tir au canon sur de petites îles qu’il croit inhabitées. Il s’agissait des îles Coronados, un peu habitées et surtout très mexicaines. Le Mexique présentera une protestation officielle auprès des USA. Ron est encore muté après un nouveau rapport : « Je considère cet officier dépourvu des qualités essentielles de jugement, d’aptitude au commandement et de coopération (...) Inapte à exercer un commandement ; ne mérite pas de promotion. Je recommande son affectation à un poste où il puisse être soumis à stricte supervision ». Son commandement dura 24 jours. Son dossier militaire fait état de 4 médailles... commémoratives.

- Il finit la guerre à l’hôpital, gravement blessé, aveugle et infirme à vie aux dires des médecins. Il ne guérit que grâce à sa méthode qui allait le rendre célèbre : la Dianétique. En fait, il fut hospitalisé pour ulcère et conjonctivite, troubles jugés « sans gravité ».

On pourrait encore continuer pendant des pages et des pages. Un passage par la magie noire, des violences conjugales, escroqueries diverses , faillites frauduleuses, bigamie... le tout bien sûr dissimulé par les explications de Ron et les bibliographies faites par ses partisans. Lorsque l’on étudie la vie d’Hubbard, on se rend compte très vite qu’il souffre d’une vraie mythomanie voir d’une schizophrénie. Il n’est pas qu’un escroc qui ment pour son activité professionnelle. C’est sûr que les scrupules ne l’étouffent pas, mais les énormes bobards qu’il inventent finissent par s’imposer à lui comme des réalités. Si nous connaissons si bien les petits secrets de ce grand humaniste, c’est grâce, en partie, à ce trouble mental. Gerry Armstrong, fervent scientologue depuis plus de 10 ans, découvre en 1980, dans un grenier, vingt boites contenant tous les souvenir de la jeunesse de son maître. Pensant pouvoir, grâce à ce matériel miraculeux, faire progresser la cause de la seule vraie religion, il contacte le gourou, qui vit caché depuis des années, pour lui demander l’autorisation d’établir une bibliographie enfin objective. Hubbard croyait sincèrement avoir été un enfant prodige, un intrépide explorateur, un grand philosophe, un génial scientifique, un artiste, un héros. Les documents de sa jeunesse ne pouvaient que le prouver. Il lui donna donc la permission de les utiliser. Il ne fallut pas bien longtemps à l’adepte pour comprendre le genre d’homme auquel il avait fait aveuglement confiance. Il quitta la scientologie et rendit public les documents.

Voyons un peu quelles brillantes idées, sensées changer le monde, le cerveau malade de Ron le Schizo a-t-il bien pu inventer.

Que fait-on dans ces boutiques de Dianétique qui abhorrent des devantures proprettes dans nos centres villes ?

Tout commence par un test de personnalité gratuit au nom ronflant d’Oxford Capacity Analysis. Vous devriez tous demander ce test OCA, parce c’est bien la seule chose gratuite que vous pourrez recevoir de la part de la scientologie. Vous pouvez passer le test sur internet. Bon ! bien sûr les résultat ne sont pas envoyés par e-mail, vous allez devoir aller les chercher dans un des centres de la scientilogie. Quand on attrape un poisson à la pêche à la ligne, il faut un moment ou à un autre le prendre avec sa main et le décrocher de l’hameçon. Ce test comporte 200 questions, dont certaines très bizarres, comme par exemple : « Estimez-vous que l’on devrait dépenser plus d’argent pour la sécurité sociale ? » ou « Etes-vous oposé à la mise en liberté surveillée des criminels ? ». Ce test est étrange parce que les questions sont souvent formulées de façon alambiquée, ce qui nécessite une bonne maîtrise du langage et un bonne concentration pour savoir si la réponse est oui ou non. Cette particularité s’explique par le fait que le test doit, pour les besoins de la cause, être aussi souvent que possible négatif. Et même si par hasard le test est bon, les recruteurs scientologues ont pour consigne de présenter à la recrue potentielle uniquement les aspects négatifs. Un document interne explique comment cette évaluation sert « à révéler à la personne ce qui ruine sa vie, et à lui montrer comment la scientologie peut la sauver de cette ruine ». Une fois que le recruteur vous a monté avec ce test hautement scientifique que votre vie est une grosse bouse avec des petites mouches qui volètent juste au dessus, il vous propose LA solution.

Cette solution c’est de vous faire auditer. L’audition se pratique à l’aide d’un appareil appelé E-meter. Cet appareil est un sorte de détecteur de mensonge primitif. Il sert à mesurer la résistance du corps à un courant électrique. L’audité tient un cylindre en métal relié à l’E-meter dans chaque main. L’auditeur lui pose un question et l’aiguille réagit. En fait, la réaction de l’appareil est fonction de la surface de la peau sur les cylindres et à l’humidité des mains. A chaque fois que l’aiguille réagit cela veut dire que vous avez un engramme qui vous pourrit la vie. Un engramme est un évènement traumatique emmagasiné dans votre inconscient. L’auditeur vous pose de nouveau la question, vous fait faire des exercices jusqu’au moment où l’aiguille ne réagit plus : votre engramme a été libéré et vous brillez de nouveau comme un petit soleil. Le problème c’est que vous ne pouvez vraiment briller comme un petit soleil que lorsque vous vous serez libéré de votre premier engramme, celui de votre naissance, voir celui de votre conception, ou parfois même des engrammes attrapés lorsque vous n’étiez qu’un spermatozoïde. Un sacré boulot ! des milliers d’heures d’audition et de cours et surtout des milliers d’euros. Pendant toute cette période vous êtes un pré-clair, c’est à dire une personne aberré ce qui veut dire que vous viviez en pleine aberration.

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Chercher les traumatismes enfouis dans l’inconscient, les analyser et les dépasser... ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Il y a pas un vieux barbu, viennois et cocaïnomane qui a déjà raconté des trucs comme ça ? Notre vieil ami Ron le schizo n’a rien inventé, il s’est contenté d’aller chercher dans la psychanalyse, sans les comprendre tout à fait, de vieilles recettes. C’est un plagiaire de petit envergure, parce qu’il n’a pas été foutu de suivre l’évolution d’un mouvement comme la psychanalyse. En effet, les méthodes de la Dianétique ne sont que des réminiscences des premiers temps de la psychanalyse, époque où elle essayait un peu n’importe quoi, l’hypnose, la drogue... La dianétique est une sorte de dinosaure psychanalytique vivant.

La psychanalyse, n’en déplaise aux psychanalystes, n’est pas une science (merci encore Karl Popper), sa bâtarde dégénérée qu’est la scientologie a encore moins le droit de se prévaloir de ce titre. A la différence des scientologues, les psychanalystes sont souvent des professionnels qui, en plus de la psychanalyse, ont suivi des cursus de type médicaux (je dis souvent parce que quelquefois on trouve chez les psychanalystes d’excellents charlatans qui n’ont d’autre mérite que d’avoir eux-même suivi une psychanalyse). En scientologie, point de professionnels mais uniquement des amateurs, du fondateur au simple auditeur, qui manipulent les esprits pour que les adeptes aient un besoin addictif de la secte dans le but d’engranger un maximum de cash.

Imaginons que vous ayez terminé de vous clarifier les engrammes. Vous êtes devenu un clair. Une sorte d’homme nouveau capable de guérir de certaines maladies telles que l’atrophie des membres, les taches de peau, les éruptions cutanées, la cécité et la surdité. Toujours d’après Ron le schizo la dianétique augmente également le QI à raison d’un point de QI par heure d’audition. Avec les milliers d’heures d’audition qu’il faut pour devenir clair on comprend mieux la phrase de Ron : « Les scientologues sont les gens les plus intelligents du monde ». Il est d’ailleurs drôle de constater que les célébrités si précieuses pour la stratégie de communication de la secte sont presque toujours des acteurs (pas les plus intellos qui plus est) et presque jamais des prix Nobel de physique ou de chimie.

Donc vous êtes devenus clair. C’est là que les choses sérieuses commencent. Vous allez payer pour devenir OT (Thêtan Opérant). Il existe plusieurs niveau d’OT de 3 à 8. Vous avez donc droit de connaître les doctrines secrètes Advanced Technology. Attention parce que maintenant je vais vous révéler le secret de la scientologie pour pas un rond, alors qu’avec les potes de Ron cela vous aurait coûté dans les 300000 €. Je suis comme ça moi ! princier ! Il faut que je vous prévienne tout de même que dans une note de la main même de Ron le schizo, la révélation de cette vérité pour une personne qui n’a pas le niveau OT entraînera fatalement une perte de sommeil puis provoquera la mort. Vous êtes prévenus. Bon ! je me lance :

Il était un fois, il y a 75 milliards d’années, un vilain méchant qui s’appelait Xenu. Il régnait sur une confédération galactique de 76 planètes proches de notre système solaire. Les gens étaient trop nombreux, en moyenne 178 milliards par planète. On avait du mal à danser le tango avec sa partenaire sans marcher sur quelques centaines de pieds, et le prix du mètre carré habitable était exorbitant. Xenu, parce qu’il aimait beaucoup le tango ou parce qu’il voulait acheter un appartement, décida de supprimer le surplus de population. Il inventa donc, comme tous les méchants dans les mauvais films, un plan machiavélique et d’une complexité frisant la débilité profonde. Il attira les Thêtans (c’est comme ça qu’on appelait les gens), grâce à la fourberie des psychiatres et à des contrôles d’impôt sur le revenu (je pense qu’il faut être OT pour comprendre le rapport entre les psychiatres et les contrôleurs des impôts). Lorsque les Thêtans arrivèrent à leur rendez-vous avec leur dossier fiscal sous un bras et leur dernière ordonnance pour des anxiolytiques sous l’autre, les méchants leur injectèrent des doses d’alcool et de glycol (attention au mélange ! ne prenez pas une cuite si vous devez changer l’antigel de votre bagnole). Cette injection eut pour effet de les paralyser. Si j’avais été Xenu, j’aurais plutôt injecté à tous ces braves Thêtans des doses de produits mortels, mais je crois que ma simplicité aurait fait de moi un bien mauvais méchant. Grâce à Dieu, Xenu était un vrai méchant bien complexe. Il embarqua tous les Thétans paralysés dans des vaisseaux spatiaux pour les emmener sur Teegeeack , autrement dit notre bonne vieille terre, où il avait implanté un site d’extermination. Là, vous allez me dire, il les a fait exterminer… Que nenni ! Trop simple ! Il les a fait congeler (paralysés et en plus congelés, ils risquaient pas de s’échapper bien loin). Ensuite, il les a fait disposer autour de 17 volcans qu’il fit explosés avec des bombes H (la bombe à fission : technologie à deux balles pour des gus qui maîtrisent le vol interplanétaire). Manque de bol, les déflagrations éparpillèrent des morceaux de Thêtans un peu partout, et plus grave que ces morceaux de Thêtans aux quatre vents, leurs âmes étaient disséminées sur la planète. Mais Xenu n’était pas la moitié d’un con, il avait prévu le coup. Il avait fait installer des « rubans électroniques », sorte de filets à papillons géants, afin d’attraper les âmes thêtanes. Comme il avait besoin de se détendre un peu, il amena toutes ces âmes au cinéma pendant 36 jours pour leur implanter des « données trompeuses » comme les religions, les éléments culturels, des schémas mentaux (on se demande encore pourquoi). Ensuite il les emmena dans une usine pour les agglomérer les uns aux autres. Chaque compactage de Thêtans est appelé Cluster. Arrivé à ce terme, Xenu devait en avoir un peu marre d’essayer de résoudre le problème Thêtan. Il décida donc de recongeler les Thêtans (on lui avait jamais dit qu’il ne faut pas décongeler et ensuite recongeler un truc) mais cette fois dans les glaces naturelles de notre terre. Les militaires, qui eux aussi devait en avoir raz le képi de se coltiner des caisses pleines de Thêtans à longueur de journée, finirent par déposer Xenu. Il le capturèrent et l’enfermèrent dans une montagne où il est retenu par un puissant champ de force alimenté par une pile éternelle. Aux dernières nouvelles, il y est encore.

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Vous allez me dire : mais quel rapport avec la « thérapie » scientologue ? Et bien voilà ! Nos amis Thêtans finirent un jour par décongeler de nouveau, et poussés par le « principe dynamique de l’existence », ils se collèrent par grappe sur tous les êtres vivants qu’ils rencontrèrent. Au moment même où j’écris, il y a des millions de Thêtans collés à mon corps (pour une fois que quelqu’un veut se coller à mon corps je vais pas râler !). Et ne faites pas les malins parce que pendant que vous lisez ces lignes des millions de Thêtans font subir le même traitement aux vôtres. Ces squatters sont responsables de notre triste condition humaine, de nos difficultés d’exister, des dépressions, des maladies. Seule la scientologie peut vous en délivrer. Il suffit de suivre les cours d’OT et de faire pleins d’heures d’audition. Le principe est un peu le même qu’avec les pré-clairs, on se sert de l’E-meter mais cette fois on détecte les Clusters, on sépare les Thêtans, on communique avec eux et on leur demande gentiment de partir squatter quelqu’un d’autre (qui n’a qu’à devenir scientologue s’il veut s’en sortir). L’audition finit par devenir une véritable drogue, entre hypnose et auto exorcisme. C’est long, c’est très cher, mais ça en vaut la peine puisqu’un OT peut guérir de toutes les maladies et ensuite ne plus jamais tomber malade. Il peut également avoir des superpouvoirs. Il peut influencer la volonté des simples mortels, manipuler l’espace temps, se faire obéir par les Thêtants, commander aux éléments (plus fort que les indiens puisqu’il n’a pas besoin de danser pour faire tomber la pluie, il lui suffit de « postuler les particules dans l’espace » (?) ). Il peut même se faire pousser les jambes (punblication interne Advance ! N°128 p.29), on se demande pourquoi Tom Cuise ne le fait pas !

On pourrait en rester là et se taper sur les cuisses en se poilant un bon coup. On pourrait se dire, à juste titre, que le scientologue est un con de concours. On pourrait et on devrait. Alors que nos sarcasmes deviennent des armes de guerre, des armes de destruction massives. On peut laisser le con patauger dans sa bêtise lorsqu’il ne risque pas d’éclabousser les autres, mais lorsque il devient une gène et parfois même un danger pour le reste de la société, notre devoir est de le combattre. Les scientologues ne sont pas seulement des crétins, se sont des crétins dangereux. Dangereux parce que l’on compte des morts suspectes parmi leurs disciples (voyez sur internet les détails et les documents de l’affaire Lisa Mac Pherson notamment sur www.lisamcpherson.org/ ) et leurs ennemis mais aussi parce que c’est une secte avide de pouvoir , au fonctionnement paranoïaque et para militaire.

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Les scientologues veulent « clarifier le monde » c’est-à-dire faire au monde ce qu’ils font aux gens. Pour cela ils se sont dotés de structures de type étatique et militaire, service de renseignement, service action, commandement militaire et discipline interne. La scientologie est une armée de cons dangereux et sans scrupules prête à prendre tout le pouvoir qu’elle pourra prendre. Une de leurs armes est la doctrine du Fair Game. Elle date de 1967 et est signée par Ron lui-même. Elle indique que toute personne hostile à la scientologie (suppressive person) « peut être privée de ses biens, ou blessée par n'importe quel moyen, par n'importe quel scientologue sans que celui-ci soit passible d'aucune mesure disciplinaire de la part de la Scientologie. On peut tromper une personne Fair Game, la poursuivre en justice, ou lui mentir, ou la détruire". No comment !  

Résistons par tous les moyens ! Mais surtout prenons du plaisir à ridiculiser ces cons manipulateurs et toxiques. Sur le net, depuis déjà quelques mois, un mouvement s’est donné pour but de détruire la scientologie. Il s’agit des Anonymous. Ce n’est pas une association ou un groupe structuré mais plutôt un mouvement spontané. Il a pris comme emblème le masque du héros de « V pour vendetta » parce que cette bande dessinée contenait au départ des allusions anti-scientologie très claires et aussi en référence à la scène finale où tous les gens de la foule portent le masque du héros signifiant ainsi que si un tombe un autre prendra sa place.

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Prenons notre place dans cette bataille mais aussi dans celle contre la connerie ambiante. Refusons le consensus mou, le politically correct poli qui nous trompe en nous faisant penser que l’on croit dans la logique et la science comme l’on croit en une religion et que, finalement, tout ça n’est qu’une histoire de choix. Vous voulez croire que la terre est plate en dépit des faits scientifiques… Que l’imposition des mains guérit le cancer plus efficacement que la chimiothérapie…. Qu’un gros barbu a fait le monde en six jours avant de se taper une bonne sieste plutôt qu’en l’évolution…. C’est égal ! Vous êtes libres.

Comprenons nous bien, la liberté de penser est peut être la seule liberté absolue que nous ayons, rien, pas même la violence, ne peut, si nous le voulons, nous en priver. La liberté d’exprimer ses pensées devrait être universelle, malheureusement elle ne l’est pas et je le déplore. C’est votre droit le plus absolu de penser que les indiens d’Amérique sont les descendants des Hébreux, que des extraterrestres squattent votre corps, que l’on peut savoir l’avenir dans les cartes, le marc de café, les lignes de la main, du pied, dans les entrailles de poulet, vous pouvez même penser que Sarkozy est le plus grand président à la surface de la terre. C’est également votre droit d’exprimer cette croyance. Mais laissez moi le droit d’exprimer mon désaccord, le droit de montrer l’inanité de votre raisonnement, le droit de me moquer de vous et la joie ineffable de vous considérer comme un gros con. Toutes les croyances ne se valent pas et aucunes d’elles ne peut rivaliser avec la science en ce qui concerne l’explication du monde. La science est supérieure à la religion lorsqu’il s’agit de la logique, de la raison et de la réalité. De ce point de vue, elles ne sont même pas concurrentes puisqu’elles ne sont pas de même nature : la science n’a pas besoin de foi, elle a besoin de preuve. C’est une vérité que nous devons affirmer avec conviction et même un supérieur dédain. Lorsqu’un abruti oppose le créationnisme au darwinisme c’est un devoir de le pulvériser, de le ridiculiser et de lui conseiller d’étudier avant d’essayer d’émettre des raisonnements dignes des cousins des grands singes.

Toutes les croyances alternatives, toutes les pseudo sciences ne sont que des succédanés de savoir pour des gens qui n’ont pas la volonté et le courage de retrousser leurs manches pour effectuer ce difficile travail de compréhension. C’est difficile de se faire une culture et notamment une culture scientifique, ça demande du temps, des efforts intellectuels. A moins de s’appeler Einstein ou Bohr, c’est difficile d’être assez humble pour savoir que l’on ne va pas tout comprendre, que l’essentiel va sans doute nous échapper. Essayer d’appréhender le monde avec une intelligence et une culture normales est une tentative en partie vouée à l’échec mais c’est la seule possibilité logique qui nous est offerte. Les gens qui se tournent vers les sciences occultes et autres niaiseries new age se cherchent un savoir pas trop pénible à acquérir, pas trop compliqué à comprendre et rapidement utilisable. Ils veulent aussi se démaquer du reste de la troupe, être un initié, un élu, et pour ça ils sont prêts accepter n’importe quelle folie pourvu qu’elle leur promette un savoir exclusif et secret. Ils veulent aussi enchanter ce monde que tous disent désenchanté. Ils veulent voir l’invisible, connaître l’inconnaissable. Ils sont comme des voyageurs qui ne regardent pas le paysage parce que trop occupés à imaginer à quoi pourra bien ressembler leur destination. La vie est un voyage et pour profiter de la beauté de cet unique voyage il faut regarder le paysage, profiter de chaque seconde. Et si, dans votre compartiment, votre voisin vous empêche d’apprécier pleinement votre périple en vous racontant d’assommants contes à dormir debout, levez-vous et claquez lui le beignet une bonne fois pour toute.

Posté par bafouille à 17:03 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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