Bafouille from nowhere

Science, religion, philosophie, humour, culture, moi

22 septembre 2009

Couple au temps de sa splendeur

elab06Le fond d’écran de mon ordinateur est une photo (qui n’est pas de moi) de la salle Labrouste, la grande salle de lecture de la Bibliothèque Nationale au temps ou celle-ci était sise entre la rue de Richelieu et la rue Vivienne.

Je ne sais pas si je crois aux coups de foudre entre les gens, mais une chose est sûre, je suis tombé instantanément et follement amoureux de ce lieu. Je me souviens de ce jour d’été ou rentré dans le petit appartement sous les toits que m’avait obligeamment prêté Tchoi (qu’il en soit ici publiquement remercié), je m’étais senti étonnement heureux, heureux comme un adolescent amoureux. J’avais passé ma première journée à la bibliothèque nationale comme on passe un premier rendez-vous avec le vague, doux et fol espoir qu’il dure toujours.

Comme avec une fille, après avoir fermé la bouche et arrêté de la regarder avec des yeux de poisson mort, j’ai entrepris les démarches nécessaires à mon admission. Et, comme avec une fille, cette phase s’est révélée problématique et kafkaïenne. Ceux qui me connaissent bien savent que dans ces moments je suis capable de me tirer une balle dans le pied avec une banane. Je dis des trucs bizarres, je fais des trucs bizarres, je me trompe, je vais là où il ne faut pas être, je néglige l’endroit où je dois être, je souris bêtement, j’ignore les évidences et imagine tout le reste… Bref si, juste à ce moment précis, il vous prenait la fantaisie de m’ouvrir le crâne à l’aide d’un objet contendant, vous y trouveriez probablement une masse informe et gélatineuse plus appropriée pour être servie en accompagnement d’un plat anglais que pour formuler une pensée rationnelle. C’est avec un organe dans cet état que je tentais de m’inscrire à la BN.

Je fis d’abord la queue pendant des heures pour m’apercevoir à quelques mètres du but que ce n’était pas la bonne file d’attente. Ensuite, Je n’avais pas les bons documents et lorsque la préposée m’expliquât, lentement et en articulant bien, comme on le fait pour un étranger ou déficient quelconque, quels documents m’étaient indispensables, je ne compris pas tout. Comme quand j’essaie d’emballer une petite, ce fut long, pénible, éprouvant pour tout le monde et l’issue des plus incertaines. Finalement, j’obtins ma carte de lecteur et je suis rentré pour la première fois d’une longue série, avec un pincement au cœur, dans la salle Labrouste.

Après le temps de l’apprivoisement et de l’émerveillement, les couples rentrent dans la douce routine. Je sais que les femmes détestent entendre ça mais il faudrait un jour qu’elles comprennent que lorsque la passion, cette grosse feignasse imbibée d’hormones, décide de jeter l’éponge, rien, ni personne, ne peux s’y opposer. Et puis la passion, c’est à la portée de n’importe quel abruti, du moment ou il est pourvu de récepteurs de dopamine en état de marche. Alors que l’amour véritable, celui qui voit les défauts, les travers et s’en accommode, est plus solide, plus profond, plus précieux. L’amant routinier pourrait dire comme Cyrano : « M’accuser de n’aimer plus... quand... j’aime plus ».  Tout ça pour dire que la BN et moi nous sommes entrés peu à peu dans une relation amoureuse harmonieuse et sereine, faite d’habitudes et de complicité. Je ne m’extasiais plus devant le décor mais je m’y sentais chez moi au point que souvent l’appariteur, toujours avec regret m’a-t-il semblé, venait régulièrement me taper sur l’épaule afin de m’extirper d’une petite sieste réparatrice.

Je pourrais écrire des pages sur les merveilleuses journées passées là-bas, les livres rares, la salle des catalogues, les déjeuners autour du Palais Royal, les pauses clopes interminables avec d’autres amants et amantes des lieux, les personnages étranges cents fois croisés, les conversations pleines d’esprit à vous donner des complexes d’infériorité… C’est sans doute une des plus belles périodes de ma vie.

Puis vint la séparation. Nous dûmes quitter notre vieille bibliothèque pour une beaucoup plus jeune. Le dernier soir de fermeture, il se produisit un moment magique et impromptu. Tous les lecteurs encore présents (et beaucoup n’aurait raté ce moment pour rien au monde) refusèrent de sortir. Les employés, également émus, laissèrent les habitués, les amoureux de cette vieille dame, célébrer, chacun à sa façon, cette séparation.  Certains restaient assis, savourant les derniers instant sous la lumière des opalines, d’autres prenaient des photos, d’autres encore avaient amené du champagne et l’offraient à la ronde, tous se parlaient et l’ambiance était tristement joyeuse. Moi, je suis allé voir mon appariteur préféré (celui qui venait toujours me réveiller) pour lui demander de me donner la plaque de ma place préférée (la plaque en bakélite gravée que l’on nous donnait quand nous sortions pour une pause). Aujourd’hui, je la conserve religieusement entre deux livres de ma bibliothèque. C’est mon seul souvenir avec cette photo. Pourquoi cette photo ? Il existe sur le net des photos plus belles de cette salle. Je garde cette photo parce que je crois que je suis dessus. Si vous regarder bien, sur la gauche, troisième rangée en partant de l’hémicycle, cinquième place, un brun avec une chemise bleue de dos, en bien, je crois que c’est moi. Bon vous allez me dire, mouais ! Pas évident ! Et vous aurez raison mais je crois que ça me fait plaisir de le croire. Parce que j’aime avoir une photo de notre couple au temps de sa splendeur.

Posté par bafouille à 11:24 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 août 2008

CROYANCES ALTERNATIVES À L’USAGE DES MAL-COMPRENANTS

La prêtresse au comptoir

Il y a quelques semaines, alors que le mauvais temps persistait à pourrir tous nos week-ends, je profitais goulûment, avant qu’ils ne deviennent un lointain souvenir, de trois rayons de soleil à la terrasse d’un café. N’ayant rien de mieux à faire, je fis ce que tout humain fait lorsqu’il se trouve seul à la terrasse d’un café : j’écoutais les conversations des autres tables.

Voici ce que j’entendis :

« ... Tu comprends... je peux pas prendre toutes ces entités négatives sans que ça ait des conséquences sur mon métabolisme. Moi, je veux bien aider les gens mais là c’est trop pour moi. Tu sais mon corps matériel n’est pas fait pour retenir ces entités, après huit jours... je risque de mourir... Comprends bien que je suis venue sur terre uniquement pour montrer la lumière aux hommes... » De qui pouvait bien émaner ces propos dignes d’un thaumaturge post-modern ? Je me tourne discrètement (aussi discrètement que ma nature et mon volume me le permettent). J’azimute une quinquagénaire un tantinet adipeuse aux faux airs d’Armande Altaï (vous savez la chanteuse, ex« prof » de la Star Ac, exubérante coquette ressemblant au résultat improbable d’un accouplement entre une demi-mondaine 1900 sous acide et un balai de chiottes). Elle s’adressait à une femme plus jeune qui l’écoutait avec la même respectueuse attention que celle des prêtres de Delphes recueillant les vaticinations de la Pythie. Je tendis de nouveau l’oreille et là j’eus droit à la totale : réincarnation, plan vibratoire, corps astral, niveau de conscience...

Je fus tout d’abord pris d’une furieuse envie d’éclater d’un bon gros rire libérateur et rationnel. Bienséance et discrétion obligent, au prix d’un effort quasi herculéen, je parvins à conserver un visage digne de Buster Keaton. Cette impassibilité feinte, au flot discontinu d’absurdités de l’autre Sainte Thérèse d’Avilla décérébrée, s’ajouta pour me faire passer de l’amusement à l’énervement plus vite qu’un poltergeist ne fait voler une table. Je murmurai : « Marc Aurèle, donne-moi la force de résister ! » ; mais au lieu de ce bon vieux Marco, ce fut l’envahissante culpabilité judéo-chrétienne qui rappliqua. Cette petite perfide me glissa à l’oreille que c’était une honte que de me moquer ou de m’emporter contre des personnes n’ayant pas mon système de pensée, ou des connexions neuronales défectueuses. Je baissai piteusement la tête, vaincu. Ce fut mon très cher Casanova qui me tira de ce marasme. Je me souvins d’un passage de ses mémoires où il justifie le fait d’avoir pratiqué quelquefois la risquée mais lucrative activité d’escroc : «  Vous rirez quand vous saurez que souvent je ne me suis pas fait un scrupule de tromper des étourdis, des fripons, des sots quand j’en ai eu besoin. Pour ce qui regarde les femmes, ce sont des tromperies réciproques qu’on ne met pas en ligne de compte, car quand l’amour s’en mêle, on est ordinairement la dupe de part et d’autre. Mais c’est bien différent pour ce qui regarde les sots. Je me félicite toujours quand je me souviens de les avoir fait tomber dans mes filets, car ils sont insolents, et présomptueux jusqu’à défier l’esprit. On le venge quand on trompe un sot, et la victoire en vaut la peine, car il est cuirassé, et on ne sait pas par où le prendre. Tromper un sot enfin est un exploit digne d’un homme d’esprit. Ce qui a mis dans mon sang, depuis que j’existe, une haine invincible contre cette engeance, c’est que je me trouve sot toutes les fois que je me vois en société avec eux.» Et oui ! mon cher Giacomo, la connerie bien concentrée irradie aussi sûrement que l’uranium enrichi. Karl Popper a écrit de nombreux livres pour nous dire que le socialisme n’est pas une pensée scientifique parce qu’il s’autojustifie, parce ce qu’il n’offre pas de prises à la contradiction. Il aurait mieux fait de nous mettre en garde contre la connerie parce qu’elle aussi est « cuirassée », et qu’« on ne sait pas par où la prendre». Avez-vous déjà discuté avec un adepte de l’astrologie, un témoin de Jéhovah, un raciste ou un partisan de Nicolas Sarkozy. Leur système de pensée est tellement fermé sur lui-même que vos arguments, même les plus solides, s’écrasent aussi sûrement qu’un charter low coast surbooké piloté par un pakistanais sous qualifié. A un moment de la conversation on se sent toujours un peu seul « avec sa bite et son couteau » (comme disait ma grand-mère qui avait un couteau mais qui devait sans doute emprunter l’autre accessoire à mon grand-père). On se sent alors devenir idiot, et la prudence vous enjoint de vous éloigner le plus vite possible de ce Tchernobyl de la non-pensée. Fuyons le con, et surtout arrêtons de le plaindre ! Descartes commence son Discours sur la méthode par cette phrase : « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée ». Il voulait dire, de façon ironique, que nous trouvons toujours avoir une capacité de jugement suffisante parce que c’est avec cette même capacité de jugement que nous la jugeons elle-même. Il a écrit son bouquin uniquement dans le but d’apprendre à tous les hommes (et au femmes aussi, même si c’est plus dur) à développer leur bon sens. Tout le monde peut avoir du bon sens parce que l’intelligence « est la chose du monde la mieux partagée ». Les très très peu intelligents et les très très intelligents ne représentent qu’un très très faible pourcentage de la population. Tous les autres ont un intelligence suffisante. La répartition de l’intelligence est une courbe de Gauss que je m’en vais tracer pour vous avec le plus de rigueur possible aussi bien dans les mesures que dans les termes :

gauuss

Hormis les personnes dans l’incapacité physique d’avoir du bon sens il serait de bon ton de pourchasser le con, de lui faire honte, de le molester quelque peu. Peu importe les raisons qui le poussent à refuser de se servir de son intelligence (je reviendrai sur ces raisons. Si vous pensiez que j’en avais presque fini, vous me connaissez mal). S’il a une intelligence en état de marche, il doit être blâmé de ne pas s’en servir. Si vous rencontrez un gars qui pue à plein nez et qui possède une salle de bain, vous lui reprocheriez de ne pas, de temps en temps au moins, procéder à un décrassage dans les règles de l’art., non? Dénonçons le con, cela pourra peut-être le sauver. Regardons le droit dans les yeux, et disons-lui : «  Mon pauvre vieux, mais qu’est-ce que t’es con ! » . C’est un geste de simple humanité.

Mon anecdote visait particulièrement un type de con, le pire peut-être : le con sectaire. J’en ai marre d’entendre, à chaque reportage sur les sectes les plus débiles au monde, le commentateur débiter ce lieu commun d’une haute teneur en connerie : « personne n’est à l’abri de se faire embrigader par une secte ». Je veux bien que nul ne soit à l’abri de la dépression, du suicide, de l’alcool ou de la drogue parce que ces comportements, même s’ils ne sont pas rationnels, répondent à des pulsions ou à un état mental. Mais choisir de croire qu’une castration suivie d’un suicide permettront votre transfert sur une autre planète (Heaven’s gate) ou que Claude Vorilhon est le demi-frère de Jésus (Raël), c’est vraiment refuser de faire fonctionner son bon sens, c’est laisser son intelligence battre la campagne, à poil, avec des fleurs dans les cheveux et une plume dans le cul. Les gourous, cons de compétition eux-mêmes ou princes de l’arnaque, sont capables d’inventer des contes d’une incroyable crétinerie et me plongent dans une abyssale perplexité lorsque je constate qu’ils sont crus. Voyons ça de plus près avec deux sectes qui comptent des millions d’adeptes très cons à travers le monde. Un conseil : accrochez-vous à ce qui vous tombe sous la main parce que l’on va embarquer dans le super grand huit de la connerie.

Moroni chez les cow-boys

Ils veulent qu’on les appelle l’Église de Jésus-Christ des Saints des derniers jours , mais nous les connaissons mieux sous le nom de Mormons. Régulièrement nous les voyons, tels des testicules, allant par paire, prêchant la bonne parole. Ils sont 12 millions à travers le monde, et chaque membre reverse à l’Église 10% de leurs revenus. L’Église est à la tête d’une fortune colossale et contrôle l’intégralité de l’immobilier de sa ville, Salt Lack City. Elle a des ambitions politiques depuis sa création. Elle a tenté d’imposer par 5 fois son candidat à l’investiture républicaine pour l’élection présidentielle américaine. Sur quelles croyances s’est bâti cet empire ?

Joseph Smith Jr. est né en 1805 de parents cultivateurs dans l’état du Vermont. La famille Smith est déjà un peu secouée du bocal côté religion. Le père et la mère ont des visions mystiques et toute la famille se sert de pratiques magiques pour chercher des trésors. C’est d’ailleurs, vers 1820, dans cette activité de « money digger » que le jeune Jo se fabrique une petite notoriété. Sa spécialité : la détection des richesses enterrées par l’utilisation d’une « seer stone » (pierre de voyance) trouvée dans un puits. Sa technique : Il met la pierre dans son chapeau, se colle le visage sur le chapeau, comme s’il allait gerber dedans, et là il voit l’endroit du trésor, sa nature, le type d’esprit qui le protège, son nom, sa taille, ce qu’il a pris au petit déjeuner etc. Ensuite le petit Jo et ses frères vont voir le gogo… pardon… le propriétaire du champ et lui proposent de faire fifty-fifty sur tous les biens qu’ils pourrons trouver. Ils commencent à faire des trous partout et bien sûr ne trouvent rien à part peut-être des truffes. Ils retournent voir le propriétaire, qui fait un peu la tronche parce que son champ ressemble à la tête du vieux Jimmy, le clodo du coin, qui a eu la petite vérole dans sa jeunesse. Jo explique au propio de la tête du vieux Jimmy que c’est pas de sa faute, que le gardien du trésor est un gros farceur parce qu’à chaque fois qu’ils sont sur le point de le déterrer, il déplace le magot, mais Jo sent bien qu’avec quelques trous de plus le gardien va finir par lâcher prise. Bien sûr, pour finir le boulot et pour remettre le champs dans un état correct, une petite avance sur le butin de serait pas de refus. Cette petite combine vaudra à Joseph le désagrément de se retrouver, en 1826, devant le tribunal de Bainbridge (NY) pour « avoir trompé des personnes trop crédules avec un pseudo don pour découvrir des trésors enfouis ».

stoneinhat_1_

C’est également pendant cette période de sa vie que, d’après les propres dires de Joseph, sa carrière va prendre une nouvelle dimension. Il se fait remarquer par le grand patron en personne. Un coup de bol extraordinaire, puisque Jo croise Dieu au coin d’un bois. Dieu lui dit : « Alors fiston ! On ballade ? » et Jo de répondre « … » (pas facile de trouver un truc intelligent à dire à Dieu dès la première rencontre). Dieu poursuit : « Tiens ! Je te présente Jésus mon dernier et mon unique. Po! po! po! les enfants c’est du souci ! Et que ça sort jusqu’à pas d’heure, et que ça picole avec ses potes, et que ça fait du grabuge avec les autorités romaines. Et bien sûr y a le paternel pour tout arranger, un petit miracle par-ci, une résurrection par-là. Enfin bref, Je suis en train de lui apprendre les ficelles du métier pour qu’il puisse faire tourner la boutique en mon absence. Jésus, dis bonjour au monsieur !». « B’njour, mec! » dit Jésus d’un air cool. « Sois poli avec Joseph, c’est un ami. Et enlève les mains de tes poches, tu déformes ton aube. Tu me feras le plaisir d’aller chez le coiffeur, que-ce que c’est que cette coupe, on dirait un lévrier afghan, et ces sandales… avec des chaussettes, on dirait un touriste allemand. Enfin bref, délivre le message à Joseph, comme on l’a répété hier à la maison. Et n’oublie pas la voix caverneuse et le halo de lumière sinon on va encore passer pour des baltringues ! ». Et Jésus dit : « Aucune religion à la surface de la terre n’est vraie. Tous les clergés sont corrompus. » et il ajouta avec un petit clin d’œil : « Joli chapeau ! On reste en contact, mec! ». Et poufff! Un petit nuage de fumée façon David Copperfield, et plus personne. Hélas! « devant le Seigneur, un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour », aussi notre brave petit Jo dut attendre trois longues années avant que la God Unlimited Company© ne lui confiât le job de sa vie.

Le chargé de communication du ciel, le fameux Gabriel, devait être occupé à porter une missive top prioritaire ou à annoncer une naissance miraculeuse, parce que la GUC© envoya un jeune directeur du développement marketing jusqu’alors inconnu : Ange Moroni. Il apparut un beau soir directement dans la chambre à coucher de Joseph.

« Salut, Coco ! Bon ! On s’est réuni pour définir des axes stratégiques dans le cadre d’une architecture de communication où l’accent serait mis sur l’avantage de différentiation et sur l’avantage produit. Ca à pas été évident de trouver une formule produit qui nous permette de gagner des GRP sur la cible marketing et sur toutes les CSP. Mais bon ! Après un brand review serré, on est arrivé à la conclusion qu’il faut instaurer une désintermédiation, établir un média planning qui passe par du marketing viral et du buzz marketing, si on veut avoir un bon feed back… t’as compris Coco ? »

« …??? », dit Joseph avec des yeux grands comme des soucoupes.

« Bon Coco ! Je vais simplifier : Si tu deviens notre chargé de clientèle, ça permettra une meilleur pénétration de la cible… »

« …??? », continuait Joseph qui maintenant, en plus des yeux, ouvrait démesurément la bouche. Moroni interrompit sa phrase, observa avec commisération la tête de poison rouge de Coco, se gratta la tête et dit : « On va se goinfrer, Coco ! »

Enfin il lui exposa LA REVELATION et lui assura qu’il recevrait bientôt son kit marketing pour l’instant enterré quelque part dans le l’Etat de New York.

Il fallut encore quatre ans (1827) avant que Jo n’entre en possession du colis constitué d’un livre en or contenant les détails de cette révélation (golden plates), de l’Urim et du Thoummim (pierres enchâssées dans des branches d’argent, comme des lunettes, permettant la traduction du livre) et du pectoral (qui est juste là pour faire joli). Dès cet instant, Jo se met au boulot pour traduire les plaques d’or avec l’aide d’un ami et voisin, Martin Harris. Il lui faudra trois ans pour que « le Livre de Mormon » ne soit traduit entièrement et publié (1830). Quelques petites remarques amusantes sur les plaques et leur traduction avant de vous dévoiler la révélation qu’elles contiennent.

105leadplatesreverse

Tout d’abord, personne n’a vu ces plaques, même si dans l’introduction du livre de Mormon on peut lire les témoignages de 11 personnes qui attestent de leur existence. Si ces 11 témoins ont vu les plaques c’est, de leur propre aveu et de celui de Jo Smith, uniquement dans une vision donnée par Dieu. Joseph déclare que ce livre mesure 6 pouces de large sur 8 pouces de long sur 6 pouces de profondeur, et est en or massif. Il déclare également qu’au moment de sa remise par l’ange Moroni, il a dû échapper à des hommes qui voulaient s’emparer d’une telle quantité d’or. Il dit avoir couru et s’être battu en tenant toujours le précieux bouquin. Le seul petit problème c’est que pour un tel volume d’or, le poids approximatif serait d’une centaine de kilos.

Voici le type de caractère gravé sur les plaques :

pla

Il s’agit, d’après Joseph, d’égyptien réformé. Le fait que l’égyptien réformé soit une langue totalement inconnue de tous les savants n’inquiète pas plus que ça Jo et ses potes. Mieux encore, Martin Smith déclare avoir montré le fac-similé de l’écriture et la traduction à un spécialiste en science hiéroglyphique et linguistique, Le professeur Anthon. Ce dernier lui aurait déclaré qu’il s’agissait de caractères égyptiens, chaldaïques, assyriaques et que la traduction était super chouette. Pas de bol, il existe un lettre de février 1834 du professeur Anthon où il déclare avoir rencontré Martin Harris. Celui-ci lui aurait montré des caractères fantaisistes soient disant gravés sur des plaques d’or.Il nie avoir vu une quelconque traduction et précise que ce qu’il a vu n’était ni de l’égyptien, ni du copte, ni rien de connu.

La traduction devait être effectuée d’après les indications de l’ange Moroni, à l’aide de l’Urim et du Thummim portés comme des lunettes. Tous les témoignages s’accordent sur le fait que Joseph ne suivait pas du tout le procédé mis au point par Dieu. En effet, notre chasseur de trésor préférait sa bonne vieille méthode du « je me fous la tronche dans le chapeau ». Il ne sortait pas les plaques d’or de leur coffre. Il se contentait de mettre sa pierre trouvée des années auparavant dans le chapeau, d’y plonger son visage, et hop le texte apparaissait devant ses yeux. La question est alors : Pourquoi l’ange Moroni s’est pourri la vie pour lui apporter tout le fourbi , les lunettes, le pectoral et surtout un bouquin de 100 kilos ? Il n’avait besoin de rien de tout ça pour écrire la révélation, puisqu’il n’avait besoin que de son chapeau et d’un banal caillou trouvé dans un puits. Peut être que toute la quincaillerie devait servir à prouver l’authenticité de la révélation ? Personne, dans toute l’histoire du mormonisme, n’a vu aucun de ces objets, mieux encore, après que la traduction ai été terminée, Moroni est venu récupérer tout le toutim pour le ramener à la maison mère.

Une dernière anecdote sur la traduction des plaques : La femme de Martin Harris ne voyait pas d’un très bon oeil le fait que son mari ait déjà donné 50 dollars à Jo et qu’il s’apprête à hypothéquer sa ferme pour financer la publication du « Livre de Mormon ». Elle décide de subtiliser des pages de traduction dictées à son mari pour lui prouver que Jo était incapable de donner exactement le même texte par une nouvelle traduction et donc qu’il inventait l’histoire au fur et à mesure. Lorsqu’il apprit la disparition des pages, le prophète se fâcha tout rouge, engueula Martin Harris d’avoir un femme si perfide et refusa de refaire la traduction de tout le passage dérobé. Il argua que c’était pour éviter les attaques des méchants qui ne manqueraient pas de comparer la nouvelle traduction avec celle qui avait été volée et d’y trouver des dissemblances. Cette déclaration, confondante de naïveté, est une réelle confession que le travail de traduction était en fait un travail de pure imagination.

Venons-en maintenant à la révélation. Voici ce que contient le « Livre de Mormon » : C’est un nouvel Evangile où sont rassemblées les anales de deux peuples les Néphites et les Lamanites qui peuplaient l’Amérique dans les temps anciens. 600 ans avant JC, une tribu israélite au pied particulièrement marin, émigra de Judée en Amérique. A leur arrivée, ils se divisèrent en deux groupes. Le premier groupe, mené par Néphi (les Néphites), continua à aimer le Seigneur et prospéra sous sa bénédiction, en somme, c’était une bande de bons petits gars, blancs et bien propres sur eux. Le second groupe, mené par Laman (les Lamanites), était corrompu et rejeta rapidement les enseignements de l’Eternel. Pour châtier les turpitudes de cette bande de joyeux drilles, Dieu les fit devenir foncés de peau. Ce sont les ancêtres des indiens qui, remarquons-le, ont toujours le rôle de méchants dans l’histoire de l’Amérique. D’un côté des gentils et de l’autre des méchants, la guerre était donc inévitable. Elle dura des siècles, jusqu’à ce que Jésus, grâce à une petite place dans son planning surchargé entre la résurrection et l’ascension, ne vint en personne sur le sol américain leurs prêcher la bonne parole.

jesus

Succès général ! tout le monde redevient copain, en tout cas pendant 200 ans. Ensuite, ça se gâte, les Lamanites refoutent sur la gueule des Néphites. Ils les pourchassent jusque dans le Nord-Est où ils les exterminent. Les deux derniers Néphites, Mormon et son fils Moroni, cachent leurs archives dans l’Etat de New York où Joseph les trouvera 1400 ans plus tard.

Voici la fable en laquelle croient 12 millions de personnes. Ils sont peu nombreux les chrétiens qui pensent que la Bible doit être crue au pied de la lettre. Cependant, la trame de la Bible est historique, l’archéologie a trouvé les lieux, les villes, a prouvé l’existence historique de certains personnages. La Bible est un ouvrage ou le merveilleux se mêle à l’histoire. Si le « Livre de Mormon » était semblable, la science aurait dû prouver l’historicité du peuplement hébreu des Amériques. Elle a fait tout le contraire, puisqu’elle prouve, par l’archéologie, la génétique, la linguistique, et ce de manière formelle, que les indiens d’Amérique n’ont pas d’origines hébraïques.

Résumons-nous : Le prophète Joseph Smith est entaché d’une forte suspicion d’escroc ; l’histoire de la révélation et toute l’histoire du mormonisme est une suite de mensonges et de prophéties bidons ; la révélation elle-même est un tissu d’inepties contraires à la science et à l’histoire.

Le dixième président de l’Eglise Mormone, Joseph Fielding Smith (1876-1972) écrivait : « Le mormonisme, comme on l’appelle, est solidaire de l’histoire de Joseph Smith. Ou bien il était prophète de Dieu, divinement appelé, dûment nommé et autorisé, ou il a été un des plus grands escrocs que ce monde ait jamais vus; Il n’y a pas de moyen terme». Bel effort d’honnêteté intellectuelle. Dommage que la seule façon de savoir la vérité pour un mormon soit la prière. A la question : Comment savoir si le « Livre de Mormon » est vrai ? Voici leur réponse : « Et lorsque vous recevrez ces choses, je vous exhorte à demander à Dieu, le Père éternel, au nom du Christ, si ces choses ne sont pas vraies ; et si vous demandez d’un cœur sincère, avec une intention réelle, ayant la foi au Christ, il vous manifestera la vérité par le pouvoir du Saint-Esprit. Et par le pouvoir du Saint-Esprit, vous pourrez connaître la vérité de toutes choses ». Ils sont trop cons ces Mormons !

Trouver plus con qu’un Mormon ce n’est pas facile, mais trouver plus dangereux et méchant ça ne pose pas trop de difficulté lorsque l’on connaît un peu les scientologues.

S'il te plait, Xénu, reviens vite botter le petit cul osseux de Tom Cruise !

D’après eux, ils sont 6 millions sur terre. Leur chiffre d’affaire est tenu secret mais on sait qu’il est colossal. C’est la seul religion au monde dont la doctrine et les symboles soient intégralement sous copyright. C’est également la seul où rien ne soit gratuit.

Le fondateur de cette machine à sous est un écrivain médiocre de science-fiction : Lafayette Ron Hubbard.

LRH2

La difficulté avec la vie de Ron c’est que ces propos ainsi que l’hagiographie officielle de la secte (digne de Kim Il-sung) sont si mensongers que l’on ne sait par où commencer. Peut être en citant quelques personnes bien renseignées qui ne semblent pas entièrement d’accord avec l’opinion des scientologues qui voient chez LRH « le plus grand savant, le plus grand des humanistes et le plus grand des connaisseurs de l’esprit humain n’ayant jamais existé ». Dans un verdict de 1994, le juge Breckenridge de la Cour Suprême de Californie déclarait : « De toute évidence, cet homme se révèle être un mythomane quand il parle de sa vie, ses origines et son œuvre » ou encore « Cette organisation est clairement schizophrène et paranoïaque. Cette combinaison bizarre semble être le reflet de son fondateur ». Sous serment lors d’un procès, Ronald deWolf (le fils aîné de Ron qui préféra changer de nom suite aux menaces proférées contre lui par la secte) fit cette brutale révélation : « Mon père est et a toujours été un escroc ». Il dit aussi, lors d’une interview, « 99% de ce que mon père a jamais écrit ou dit à propos de lui-même est totalement faux ». Précisons que Ron Hubbard a été condamné pour escroquerie en France (Tribunal de Paris, 13ème ch. Correctionnelle 14 fév. 1978) à quatre ans de prison par contumace et à 35000 fr. d’amende, et qu’il fut interdit de séjour en Grande Bretagne à partir de 1984.

Examinons un peu la vie de ce grand homme.

- Il est né le 13 mars 1911 à Tilden dans le Nebraska. Encore très jeune il apprit l’endurance et la ténacité à la rude école du Far West. Il devint même à l’âge de 6 ans « frère de sang » des indiens Pieds-noirs, honneur que peu d’hommes blancs se sont vu accorder.Honneur d’autan plus difficile à obtenir que la cérémonie des « frères de sang » n’existe pas chez les indiens Pieds-noirs. Il aurait pu devenir « frère de Couscous » s’il avait plutôt connu les Pieds-noirs de Tizi-Ouzou.

- A l’âge de 12 ans, alors qu’il voyage sur un bateau, il rencontre le commandant Thompson qui l’initie aux idées de Sigmund Freud et à la philosophie. Son intérêt pour ces sujets sera omniprésent dans son adolescence.Dans ses carnets d’adolescent, utilisés comme pièces à conviction par la cours de justice de Californie, il n’évoque à aucun moment la psychanalyse ou la philosophie.

- De 14 à 19 ans il voyage en Chine, en Mongolie, en Inde et au Tibet.. Il y étudie en profondeur la culture, la philosophie et la sagesse. Il rencontra en autres, des lamas au Tibet, des bandits en Mongolie, des magiciens en Chine. En fait, il ne fit que deux très courts séjours en Asie pour voir son père en poste à Guam. Il n’existe aucune remarque dans ses carnets concernant la philosophie orientale, des magiciens ou des bandits mongols. Les seules réflexions que l’on y trouve sur ces voyages sont d’une banalité affligeante teintée du racisme courant de ces années. Une remarque sort du lot : « Si les chinois transformaient (la muraille de Chine) en montagnes russes , cela leur rapporterait des millions de dollars » ; on voit le niveau !

- A 19 ans, il rentre à l’Université George Washington où il obtient des diplômes en génie civil et mathématique. Il devient également un des meilleurs physicien nucléaire du pays.En fait, il fit des études très médiocres, au point qu’il abandonna les cours en deuxième année. Il eut dans son cursus un cours intitulé « Phénomènes atomiques et moléculaires » auquel il n’a jamais obtenu de note supérieure à F.

Après ses études il devient explorateur remarqué pour ses nombreuses contributions scientifiques : prise de vues sous marines des Caraïbes (Université du Michigan) ; premier relevé minéralogique de Porto Rico ; expérience radio en Alaska.Dans les faits, il n’existe aucune trace de ces contributions dans une quelconque université ou une archive officielle. Son expédition aux Caraïbes était une virée entre étudiants. Il fut assistant d’un ingénieur en travaux public à Porto Rico pour une durée très courte. Son expédition en Alaska fut un fiasco total puisqu’il fut à cours d’argent très rapidement et fut bloqué dans un port de pêche pendant quatre mois à la suite d’une casse moteur de son bateau.

- Durant la seconde guerre mondiale, il fut un héros de guerre vingt et une fois récompensé notamment par deux « purple hearts ».Là c’est carrément « les Charlots au régiment ». En 1941, il est affecté en Australie. Il n’y reste que 4 mois et est renvoyé au États-Unis suite à un rapport de l’attaché naval américain où il est inscrit : « Cet officier n’est pas qualifié pour exercer indépendamment des responsabilités. Il parle trop, veut faire l’important et se prétend doué de capacités exceptionnelles dans presque tous les domaines ». De retour au USA, il fut affecté au service de censure du courrier à New York. Par la suite, il reçut le commandement d’un patrouilleur côtier. Il est encore muté suite à un rapport où il est noté qu’il a «un tempérament inadapté à exercer un commandement indépendant ». Il fut transféré à l’école navale en Floride pour y suivre des cours de chasse anti-sous marins. A la fin de sa formation, il fut affecté à Portland où il reçut le commandement d’un chasseur de sous-marins. 5 heures après le début de sa première sortie en mer, il détecte deux « sous marins japonais » avec qui il engage le combat. Au cours des 68 heures que durèrent les hostilités, Ron utilisa toutes ses munitions et les « sous-marins » ne tirèrent pas une torpille. Après enquête de la Navy, le Commandant en Chef de la flotte Pacifique nota dans son rapport : « L’analyse des rapports confirme ma conviction qu’il n’y avait aucun sous marin dans le secteur ». Il signalait également l’existence d’une formation rocheuse magnétique à l’endroit précis du combat. Ron avait livré le combat de sa vie contre un tas de cailloux. L’état major étouffa l’affaire, mais les fantaisies de Ron ne devaient pas en rester là. Quelques jours plus tard, il rentre, sans même s’en apercevoir, dans les eaux territoriales mexicaines. S’emmerdant fermement si loin de la guerre, il ne trouve rien de mieux que de faire des essais de tir au canon sur de petites îles qu’il croit inhabitées. Il s’agissait des îles Coronados, un peu habitées et surtout très mexicaines. Le Mexique présentera une protestation officielle auprès des USA. Ron est encore muté après un nouveau rapport : « Je considère cet officier dépourvu des qualités essentielles de jugement, d’aptitude au commandement et de coopération (...) Inapte à exercer un commandement ; ne mérite pas de promotion. Je recommande son affectation à un poste où il puisse être soumis à stricte supervision ». Son commandement dura 24 jours. Son dossier militaire fait état de 4 médailles... commémoratives.

- Il finit la guerre à l’hôpital, gravement blessé, aveugle et infirme à vie aux dires des médecins. Il ne guérit que grâce à sa méthode qui allait le rendre célèbre : la Dianétique. En fait, il fut hospitalisé pour ulcère et conjonctivite, troubles jugés « sans gravité ».

On pourrait encore continuer pendant des pages et des pages. Un passage par la magie noire, des violences conjugales, escroqueries diverses , faillites frauduleuses, bigamie... le tout bien sûr dissimulé par les explications de Ron et les bibliographies faites par ses partisans. Lorsque l’on étudie la vie d’Hubbard, on se rend compte très vite qu’il souffre d’une vraie mythomanie voir d’une schizophrénie. Il n’est pas qu’un escroc qui ment pour son activité professionnelle. C’est sûr que les scrupules ne l’étouffent pas, mais les énormes bobards qu’il inventent finissent par s’imposer à lui comme des réalités. Si nous connaissons si bien les petits secrets de ce grand humaniste, c’est grâce, en partie, à ce trouble mental. Gerry Armstrong, fervent scientologue depuis plus de 10 ans, découvre en 1980, dans un grenier, vingt boites contenant tous les souvenir de la jeunesse de son maître. Pensant pouvoir, grâce à ce matériel miraculeux, faire progresser la cause de la seule vraie religion, il contacte le gourou, qui vit caché depuis des années, pour lui demander l’autorisation d’établir une bibliographie enfin objective. Hubbard croyait sincèrement avoir été un enfant prodige, un intrépide explorateur, un grand philosophe, un génial scientifique, un artiste, un héros. Les documents de sa jeunesse ne pouvaient que le prouver. Il lui donna donc la permission de les utiliser. Il ne fallut pas bien longtemps à l’adepte pour comprendre le genre d’homme auquel il avait fait aveuglement confiance. Il quitta la scientologie et rendit public les documents.

Voyons un peu quelles brillantes idées, sensées changer le monde, le cerveau malade de Ron le Schizo a-t-il bien pu inventer.

Que fait-on dans ces boutiques de Dianétique qui abhorrent des devantures proprettes dans nos centres villes ?

Tout commence par un test de personnalité gratuit au nom ronflant d’Oxford Capacity Analysis. Vous devriez tous demander ce test OCA, parce c’est bien la seule chose gratuite que vous pourrez recevoir de la part de la scientologie. Vous pouvez passer le test sur internet. Bon ! bien sûr les résultat ne sont pas envoyés par e-mail, vous allez devoir aller les chercher dans un des centres de la scientilogie. Quand on attrape un poisson à la pêche à la ligne, il faut un moment ou à un autre le prendre avec sa main et le décrocher de l’hameçon. Ce test comporte 200 questions, dont certaines très bizarres, comme par exemple : « Estimez-vous que l’on devrait dépenser plus d’argent pour la sécurité sociale ? » ou « Etes-vous oposé à la mise en liberté surveillée des criminels ? ». Ce test est étrange parce que les questions sont souvent formulées de façon alambiquée, ce qui nécessite une bonne maîtrise du langage et un bonne concentration pour savoir si la réponse est oui ou non. Cette particularité s’explique par le fait que le test doit, pour les besoins de la cause, être aussi souvent que possible négatif. Et même si par hasard le test est bon, les recruteurs scientologues ont pour consigne de présenter à la recrue potentielle uniquement les aspects négatifs. Un document interne explique comment cette évaluation sert « à révéler à la personne ce qui ruine sa vie, et à lui montrer comment la scientologie peut la sauver de cette ruine ». Une fois que le recruteur vous a monté avec ce test hautement scientifique que votre vie est une grosse bouse avec des petites mouches qui volètent juste au dessus, il vous propose LA solution.

Cette solution c’est de vous faire auditer. L’audition se pratique à l’aide d’un appareil appelé E-meter. Cet appareil est un sorte de détecteur de mensonge primitif. Il sert à mesurer la résistance du corps à un courant électrique. L’audité tient un cylindre en métal relié à l’E-meter dans chaque main. L’auditeur lui pose un question et l’aiguille réagit. En fait, la réaction de l’appareil est fonction de la surface de la peau sur les cylindres et à l’humidité des mains. A chaque fois que l’aiguille réagit cela veut dire que vous avez un engramme qui vous pourrit la vie. Un engramme est un évènement traumatique emmagasiné dans votre inconscient. L’auditeur vous pose de nouveau la question, vous fait faire des exercices jusqu’au moment où l’aiguille ne réagit plus : votre engramme a été libéré et vous brillez de nouveau comme un petit soleil. Le problème c’est que vous ne pouvez vraiment briller comme un petit soleil que lorsque vous vous serez libéré de votre premier engramme, celui de votre naissance, voir celui de votre conception, ou parfois même des engrammes attrapés lorsque vous n’étiez qu’un spermatozoïde. Un sacré boulot ! des milliers d’heures d’audition et de cours et surtout des milliers d’euros. Pendant toute cette période vous êtes un pré-clair, c’est à dire une personne aberré ce qui veut dire que vous viviez en pleine aberration.

emet

Chercher les traumatismes enfouis dans l’inconscient, les analyser et les dépasser... ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Il y a pas un vieux barbu, viennois et cocaïnomane qui a déjà raconté des trucs comme ça ? Notre vieil ami Ron le schizo n’a rien inventé, il s’est contenté d’aller chercher dans la psychanalyse, sans les comprendre tout à fait, de vieilles recettes. C’est un plagiaire de petit envergure, parce qu’il n’a pas été foutu de suivre l’évolution d’un mouvement comme la psychanalyse. En effet, les méthodes de la Dianétique ne sont que des réminiscences des premiers temps de la psychanalyse, époque où elle essayait un peu n’importe quoi, l’hypnose, la drogue... La dianétique est une sorte de dinosaure psychanalytique vivant.

La psychanalyse, n’en déplaise aux psychanalystes, n’est pas une science (merci encore Karl Popper), sa bâtarde dégénérée qu’est la scientologie a encore moins le droit de se prévaloir de ce titre. A la différence des scientologues, les psychanalystes sont souvent des professionnels qui, en plus de la psychanalyse, ont suivi des cursus de type médicaux (je dis souvent parce que quelquefois on trouve chez les psychanalystes d’excellents charlatans qui n’ont d’autre mérite que d’avoir eux-même suivi une psychanalyse). En scientologie, point de professionnels mais uniquement des amateurs, du fondateur au simple auditeur, qui manipulent les esprits pour que les adeptes aient un besoin addictif de la secte dans le but d’engranger un maximum de cash.

Imaginons que vous ayez terminé de vous clarifier les engrammes. Vous êtes devenu un clair. Une sorte d’homme nouveau capable de guérir de certaines maladies telles que l’atrophie des membres, les taches de peau, les éruptions cutanées, la cécité et la surdité. Toujours d’après Ron le schizo la dianétique augmente également le QI à raison d’un point de QI par heure d’audition. Avec les milliers d’heures d’audition qu’il faut pour devenir clair on comprend mieux la phrase de Ron : « Les scientologues sont les gens les plus intelligents du monde ». Il est d’ailleurs drôle de constater que les célébrités si précieuses pour la stratégie de communication de la secte sont presque toujours des acteurs (pas les plus intellos qui plus est) et presque jamais des prix Nobel de physique ou de chimie.

Donc vous êtes devenus clair. C’est là que les choses sérieuses commencent. Vous allez payer pour devenir OT (Thêtan Opérant). Il existe plusieurs niveau d’OT de 3 à 8. Vous avez donc droit de connaître les doctrines secrètes Advanced Technology. Attention parce que maintenant je vais vous révéler le secret de la scientologie pour pas un rond, alors qu’avec les potes de Ron cela vous aurait coûté dans les 300000 €. Je suis comme ça moi ! princier ! Il faut que je vous prévienne tout de même que dans une note de la main même de Ron le schizo, la révélation de cette vérité pour une personne qui n’a pas le niveau OT entraînera fatalement une perte de sommeil puis provoquera la mort. Vous êtes prévenus. Bon ! je me lance :

Il était un fois, il y a 75 milliards d’années, un vilain méchant qui s’appelait Xenu. Il régnait sur une confédération galactique de 76 planètes proches de notre système solaire. Les gens étaient trop nombreux, en moyenne 178 milliards par planète. On avait du mal à danser le tango avec sa partenaire sans marcher sur quelques centaines de pieds, et le prix du mètre carré habitable était exorbitant. Xenu, parce qu’il aimait beaucoup le tango ou parce qu’il voulait acheter un appartement, décida de supprimer le surplus de population. Il inventa donc, comme tous les méchants dans les mauvais films, un plan machiavélique et d’une complexité frisant la débilité profonde. Il attira les Thêtans (c’est comme ça qu’on appelait les gens), grâce à la fourberie des psychiatres et à des contrôles d’impôt sur le revenu (je pense qu’il faut être OT pour comprendre le rapport entre les psychiatres et les contrôleurs des impôts). Lorsque les Thêtans arrivèrent à leur rendez-vous avec leur dossier fiscal sous un bras et leur dernière ordonnance pour des anxiolytiques sous l’autre, les méchants leur injectèrent des doses d’alcool et de glycol (attention au mélange ! ne prenez pas une cuite si vous devez changer l’antigel de votre bagnole). Cette injection eut pour effet de les paralyser. Si j’avais été Xenu, j’aurais plutôt injecté à tous ces braves Thêtans des doses de produits mortels, mais je crois que ma simplicité aurait fait de moi un bien mauvais méchant. Grâce à Dieu, Xenu était un vrai méchant bien complexe. Il embarqua tous les Thétans paralysés dans des vaisseaux spatiaux pour les emmener sur Teegeeack , autrement dit notre bonne vieille terre, où il avait implanté un site d’extermination. Là, vous allez me dire, il les a fait exterminer… Que nenni ! Trop simple ! Il les a fait congeler (paralysés et en plus congelés, ils risquaient pas de s’échapper bien loin). Ensuite, il les a fait disposer autour de 17 volcans qu’il fit explosés avec des bombes H (la bombe à fission : technologie à deux balles pour des gus qui maîtrisent le vol interplanétaire). Manque de bol, les déflagrations éparpillèrent des morceaux de Thêtans un peu partout, et plus grave que ces morceaux de Thêtans aux quatre vents, leurs âmes étaient disséminées sur la planète. Mais Xenu n’était pas la moitié d’un con, il avait prévu le coup. Il avait fait installer des « rubans électroniques », sorte de filets à papillons géants, afin d’attraper les âmes thêtanes. Comme il avait besoin de se détendre un peu, il amena toutes ces âmes au cinéma pendant 36 jours pour leur implanter des « données trompeuses » comme les religions, les éléments culturels, des schémas mentaux (on se demande encore pourquoi). Ensuite il les emmena dans une usine pour les agglomérer les uns aux autres. Chaque compactage de Thêtans est appelé Cluster. Arrivé à ce terme, Xenu devait en avoir un peu marre d’essayer de résoudre le problème Thêtan. Il décida donc de recongeler les Thêtans (on lui avait jamais dit qu’il ne faut pas décongeler et ensuite recongeler un truc) mais cette fois dans les glaces naturelles de notre terre. Les militaires, qui eux aussi devait en avoir raz le képi de se coltiner des caisses pleines de Thêtans à longueur de journée, finirent par déposer Xenu. Il le capturèrent et l’enfermèrent dans une montagne où il est retenu par un puissant champ de force alimenté par une pile éternelle. Aux dernières nouvelles, il y est encore.

ot3_data_1

free_xenu

Vous allez me dire : mais quel rapport avec la « thérapie » scientologue ? Et bien voilà ! Nos amis Thêtans finirent un jour par décongeler de nouveau, et poussés par le « principe dynamique de l’existence », ils se collèrent par grappe sur tous les êtres vivants qu’ils rencontrèrent. Au moment même où j’écris, il y a des millions de Thêtans collés à mon corps (pour une fois que quelqu’un veut se coller à mon corps je vais pas râler !). Et ne faites pas les malins parce que pendant que vous lisez ces lignes des millions de Thêtans font subir le même traitement aux vôtres. Ces squatters sont responsables de notre triste condition humaine, de nos difficultés d’exister, des dépressions, des maladies. Seule la scientologie peut vous en délivrer. Il suffit de suivre les cours d’OT et de faire pleins d’heures d’audition. Le principe est un peu le même qu’avec les pré-clairs, on se sert de l’E-meter mais cette fois on détecte les Clusters, on sépare les Thêtans, on communique avec eux et on leur demande gentiment de partir squatter quelqu’un d’autre (qui n’a qu’à devenir scientologue s’il veut s’en sortir). L’audition finit par devenir une véritable drogue, entre hypnose et auto exorcisme. C’est long, c’est très cher, mais ça en vaut la peine puisqu’un OT peut guérir de toutes les maladies et ensuite ne plus jamais tomber malade. Il peut également avoir des superpouvoirs. Il peut influencer la volonté des simples mortels, manipuler l’espace temps, se faire obéir par les Thêtants, commander aux éléments (plus fort que les indiens puisqu’il n’a pas besoin de danser pour faire tomber la pluie, il lui suffit de « postuler les particules dans l’espace » (?) ). Il peut même se faire pousser les jambes (punblication interne Advance ! N°128 p.29), on se demande pourquoi Tom Cuise ne le fait pas !

On pourrait en rester là et se taper sur les cuisses en se poilant un bon coup. On pourrait se dire, à juste titre, que le scientologue est un con de concours. On pourrait et on devrait. Alors que nos sarcasmes deviennent des armes de guerre, des armes de destruction massives. On peut laisser le con patauger dans sa bêtise lorsqu’il ne risque pas d’éclabousser les autres, mais lorsque il devient une gène et parfois même un danger pour le reste de la société, notre devoir est de le combattre. Les scientologues ne sont pas seulement des crétins, se sont des crétins dangereux. Dangereux parce que l’on compte des morts suspectes parmi leurs disciples (voyez sur internet les détails et les documents de l’affaire Lisa Mac Pherson notamment sur www.lisamcpherson.org/ ) et leurs ennemis mais aussi parce que c’est une secte avide de pouvoir , au fonctionnement paranoïaque et para militaire.

tom_cruise_david_miscavige

Les scientologues veulent « clarifier le monde » c’est-à-dire faire au monde ce qu’ils font aux gens. Pour cela ils se sont dotés de structures de type étatique et militaire, service de renseignement, service action, commandement militaire et discipline interne. La scientologie est une armée de cons dangereux et sans scrupules prête à prendre tout le pouvoir qu’elle pourra prendre. Une de leurs armes est la doctrine du Fair Game. Elle date de 1967 et est signée par Ron lui-même. Elle indique que toute personne hostile à la scientologie (suppressive person) « peut être privée de ses biens, ou blessée par n'importe quel moyen, par n'importe quel scientologue sans que celui-ci soit passible d'aucune mesure disciplinaire de la part de la Scientologie. On peut tromper une personne Fair Game, la poursuivre en justice, ou lui mentir, ou la détruire". No comment !  

Résistons par tous les moyens ! Mais surtout prenons du plaisir à ridiculiser ces cons manipulateurs et toxiques. Sur le net, depuis déjà quelques mois, un mouvement s’est donné pour but de détruire la scientologie. Il s’agit des Anonymous. Ce n’est pas une association ou un groupe structuré mais plutôt un mouvement spontané. Il a pris comme emblème le masque du héros de « V pour vendetta » parce que cette bande dessinée contenait au départ des allusions anti-scientologie très claires et aussi en référence à la scène finale où tous les gens de la foule portent le masque du héros signifiant ainsi que si un tombe un autre prendra sa place.

1234

Prenons notre place dans cette bataille mais aussi dans celle contre la connerie ambiante. Refusons le consensus mou, le politically correct poli qui nous trompe en nous faisant penser que l’on croit dans la logique et la science comme l’on croit en une religion et que, finalement, tout ça n’est qu’une histoire de choix. Vous voulez croire que la terre est plate en dépit des faits scientifiques… Que l’imposition des mains guérit le cancer plus efficacement que la chimiothérapie…. Qu’un gros barbu a fait le monde en six jours avant de se taper une bonne sieste plutôt qu’en l’évolution…. C’est égal ! Vous êtes libres.

Comprenons nous bien, la liberté de penser est peut être la seule liberté absolue que nous ayons, rien, pas même la violence, ne peut, si nous le voulons, nous en priver. La liberté d’exprimer ses pensées devrait être universelle, malheureusement elle ne l’est pas et je le déplore. C’est votre droit le plus absolu de penser que les indiens d’Amérique sont les descendants des Hébreux, que des extraterrestres squattent votre corps, que l’on peut savoir l’avenir dans les cartes, le marc de café, les lignes de la main, du pied, dans les entrailles de poulet, vous pouvez même penser que Sarkozy est le plus grand président à la surface de la terre. C’est également votre droit d’exprimer cette croyance. Mais laissez moi le droit d’exprimer mon désaccord, le droit de montrer l’inanité de votre raisonnement, le droit de me moquer de vous et la joie ineffable de vous considérer comme un gros con. Toutes les croyances ne se valent pas et aucunes d’elles ne peut rivaliser avec la science en ce qui concerne l’explication du monde. La science est supérieure à la religion lorsqu’il s’agit de la logique, de la raison et de la réalité. De ce point de vue, elles ne sont même pas concurrentes puisqu’elles ne sont pas de même nature : la science n’a pas besoin de foi, elle a besoin de preuve. C’est une vérité que nous devons affirmer avec conviction et même un supérieur dédain. Lorsqu’un abruti oppose le créationnisme au darwinisme c’est un devoir de le pulvériser, de le ridiculiser et de lui conseiller d’étudier avant d’essayer d’émettre des raisonnements dignes des cousins des grands singes.

Toutes les croyances alternatives, toutes les pseudo sciences ne sont que des succédanés de savoir pour des gens qui n’ont pas la volonté et le courage de retrousser leurs manches pour effectuer ce difficile travail de compréhension. C’est difficile de se faire une culture et notamment une culture scientifique, ça demande du temps, des efforts intellectuels. A moins de s’appeler Einstein ou Bohr, c’est difficile d’être assez humble pour savoir que l’on ne va pas tout comprendre, que l’essentiel va sans doute nous échapper. Essayer d’appréhender le monde avec une intelligence et une culture normales est une tentative en partie vouée à l’échec mais c’est la seule possibilité logique qui nous est offerte. Les gens qui se tournent vers les sciences occultes et autres niaiseries new age se cherchent un savoir pas trop pénible à acquérir, pas trop compliqué à comprendre et rapidement utilisable. Ils veulent aussi se démaquer du reste de la troupe, être un initié, un élu, et pour ça ils sont prêts accepter n’importe quelle folie pourvu qu’elle leur promette un savoir exclusif et secret. Ils veulent aussi enchanter ce monde que tous disent désenchanté. Ils veulent voir l’invisible, connaître l’inconnaissable. Ils sont comme des voyageurs qui ne regardent pas le paysage parce que trop occupés à imaginer à quoi pourra bien ressembler leur destination. La vie est un voyage et pour profiter de la beauté de cet unique voyage il faut regarder le paysage, profiter de chaque seconde. Et si, dans votre compartiment, votre voisin vous empêche d’apprécier pleinement votre périple en vous racontant d’assommants contes à dormir debout, levez-vous et claquez lui le beignet une bonne fois pour toute.

Posté par bafouille à 17:03 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 août 2008

Petites réflexions sans importance

DIOGENE A L'HOPITAL

Pour les fans de la série « Dr House » (dont je fais partie) la question est : pourquoi s’attache-t-on tant à ce personnage méchant, brutal et souvent choquant ? La réponse est philosophique : Dr House c’est Diogène en blouse blanche. Comme l’homme qui cherchait l’homme il est drôle, intelligent et cynique (le mot même de cynique vient de l’école philosophique de Diogène parce que le surnom de Diogène était le chien). L’utilisation d’un humour ou d’une attitude non conformes aux conventions sociales pour faire jaillir la vérité c’est leur démarche commune. Je vous conseille la lecture du chapitre sur Diogène dans « Vies et doctrines des philosophes illustres » de Diogène Laërce (Coll. la Pochothèque) pour vous apercevoir de la ressemblance.

Drhouse

AIMEZ-LA OU QUITTEZ-LA

Nicolas Sarkozy a déclaré il y a quelques temps que les étrangers vivants en France n’avaient rien à faire chez nous s’ils n’éprouvaient pas un sentiment d’amour et d’admiration pour notre beau pays. Carla a déclaré dans un journal anglais, le Daily Mail, que les français sont des minables, jamais satisfaits, toujours mal lunés et qu’elle est bien contente d’avoir un passeport italien. Vincent Bolloré va-t-il prêter à son ami Nicolas son jet privé pour la reconduire à la frontière ? (à voir sur le net : http://www.dailymail.co.uk )

PHOTO OFICIELLE

Notre Président vient de se marier avec Carla Bruni et cet évènement est historique puisque c’est la première fois, à ma connaissance, depuis que l’homo sapiens s’est doté de chefs que l’on peut admirer la femme d’un chef d’État à poils. On a du bol que Bernadette ne nous ai pas fait ce coup là !carlabruniREX1701_468x541

Posté par bafouille à 17:03 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Bling Bling Connexion

Depuis un certain temps on nous a beaucoup parlé de la vie privée de notre Président. D’aucun penseront que cette sur-exposition médiatique qu’elle soit initiée par le principal intéressé ou qu’elle se fasse à son corps défendant n’apporte rien au débat politique ou, ce qui est plus dommageable pour le principe démocratique, ne sert que d’écran de fumée pour cacher la nullité incommensurable de la politique du gouvernement. A la décharge de la presse people il faut souligner que la France n’est pas habituée à voir à sa tête une personnalité aussi tape à l’œil. Force est de constater que notre cher Président ne nous a rien épargné : les Ray-ban de pilote, la Rolex plus encombrante que les menottes qui servent à raccompagner les sans papiers à la frontière, les SMS pendant l’audience pontificale, le T-shirt NYPD, le top modèle, en gros il ne manque que la BM et le piment au bout de la chaîne en or avec la moquette de poils dessous. Comment résister à un président qui ressemble plus à un des personnages de « La vérité si je mens ! » ou des « Sopranos » qu’à un Président de la Vème République.

L’homme de raison doit se dire « On ne juge pas un livre à sa couverture » et ce brave gars a bien raison (le contraire eût été étonnant !). Cependant si nous allons aux delà des apparences c’est-à-dire si nous analysons le phénomène Sarkozy dans ce qu’il a de signifiant nous sommes obligés d’arriver à des conclusions qui n’incite pas l’amateur d’idées politiques à aller passer la nuit aux « Bains douches ». Prenons par exemple la bringue organisée après l’élection. Rappelons les faits pour tous ceux qui seraient en panne de télévision depuis plusieurs mois ou qui auraient été récemment kidnappés par des extra-terrestres. Le résultat du deuxième tour vient de tomber, Nicolas, comme aiment à l’appeler affectueusement les médias, est notre nouveau président. Que fait un Président nouvellement élu ? Jusqu’à présent il courait, avec plus ou moins d’enthousiasme j’imagine, retrouver ses militants et les cadres de son parti pour les remercier de leur soutien et de leur travail. Il disait deux ou trois mots bien sentis sur le fait que la victoire n’était pas la sienne mais la leur, qu’il sera le président de tous les Français, et patati et patata, on buvait un coup de champagne puis on sortait dans Paris pour se faire voir des électeurs en liesse et puis après ce qui arrivé restait du domaine de l’intime, une camomille et au lit, petit dîner entre amis ou partie fine avec des call girls, allez savoir !. Nicolas n’a pas suivit ce schéma à la lettre. Il est allé voir ses amis réunis au restaurant ultra chic le Fouquet’s puis est allé voir les militants salle Gaveau, est retourné au Fouquet’s et enfin il s’est rendu place de la Concorde pour parler à la foule. Pas de quoi fouetter un chat. Les polémistes qui s’offusquent du peu d’empressement du Président à aller communier avec le foule devraient plutôt se dire que notre Président a des amis qu’il aime beaucoup et que l’amitié c’est important. Alors bien sûr parmi ces importuns certains ont perfidement fait remarquer que parmi les amis de Nicolas se trouvaient beaucoup de patrons et que la vitesse supersonique avec laquelle il est allé les retrouver au Fouquet’s tenait plus du « garde à vous.. A vos ordre, mon général… » que du « Youpi… j’ai gagné les copains… ». Un des frères de Nicolas était vice-président du MEDEF, l’autre est vice-président du conseil de surveillance d’un groupe pharmaceutique. Ils espéraient quoi, nos polémistes ? Que Sarkozy aille chercher ses amis au bar-tabac « le Balto » parmi les habitués, collés au zinc depuis des siècles, la casquette visée sur la tête, la gauldo au coin des lèvres (ah! Non ! Ça Ils ont plus droit) et le petit blanc bien frais dès 8h du mat ? Nicolas Sarkozy, avocat, ancien maire de Neuilly, plusieurs fois ministre a des amis dans la finance et l’industrie… ça j’aurai jamais cru !

Pourtant il est très intéressant de consulter la liste des invités de cette soirée au Fouquet’s (cette liste a été publiée dans le livre de deux journalistes Chemin et Perrignon « La nuit au Fouquet’s ». Vous la trouverez très facilement sur internet). Très peu de membres de sa famille : sa mère et ses deux frères. Les politiques sont rares : un ancien premier ministre (Rafarin), un futur premier ministre (Fillon), quelques proches qui auront des fonctions dans le futur gouvernement et les Balkanis (les personnages politiques les plus honnêtes du monde juste après Amin dada, Maurice Arreckx et les époux Tibéri). On peut constater qu’aucun cadre de l’UMP n’est présent. Nicolas ne devrait-il sa victoire qu’à lui-même ? Du côté des journalistes - éditorialistes si nous n’avons pas la quantité nous avons la qualité puisque avec Alain Minc (dont la pensée peut se résumer à « la loi du marché c’est la loi de la gravitation universelle »), Nicolas Beytout et Nicolas Baverez s’exprime la quintessence du dogmatisme ultra-libéral. Je ne peut résister au plaisir de vous citer une des petites merveilles très XIXème siècle à propos des 35 heures de N. Baverez : «Le temps libre, c’est le versant catastrophe sociale. Car autant il est apprécié pour aller dans le Luberon, autant, pour les couches les plus modestes, le temps libre, c’est l’alcoolisme, le développement de la violence, la délinquance, des faits malheureusement prouvés par des études». Salauds de pauvres ! Reste les autres, ceux qui n’ont rien à voir avec le boulot, ceux qui sont là parce que Nicolas les admire, les apprécie.

On pourrait s’attendre à rencontrer les noms de quelques philosophes, quelques prix Nobel de littérature, quelques chanteuses d’opéra, quelques scientifiques de haut vol, quelques universitaires, quelques sociétaires de la Comédie Française et un raton laveur. Et on tombe sur Arthur, Marie-Anne Chazel, Christian Clavier, Johnny Hallyday et Madame, Jean Reno, Basile Boli, Denis Charvet, Pascal Gentil, Bernard Laporte, Richard Virenque (celui-là je me marre à chaque fois que je relis son nom dans la liste). Finalement je retire les propos tenus il y a quelques instants : Nicolas Sarkozy a été chercher ses amis au bar-tabac « le Balto ». Bien sûr c’est un bar-tabac un peu clinquant, au luxe mal assumé, au faux bon goût, à la réussite trop affichée mais où l’on y raconte autant de conneries accoudé au comptoir que partout ailleurs. Ce que nous apprend le choix de Nicolas Sarkozy c’est que son goût naturel ne le porte pas vers la culture « classique », son goût naturel le porte vers une culture populaire médiocre certes légitime parce que divertissante mais inopérante lorsqu’il s’agit d’élever l’esprit, de raffiner l’être humain. Je crois que Nicolas Sarkozy est inculte et que ça ne le dérange pas. Le moteur de Sarko n’est pas une curiosité exceptionnelle ou une volonté inaltérable de s’améliorer, son moteur est une ambition infinie. Ses capacités sont au service de cette ambition. Il n’a appris que ce qu’il devait apprendre pour réussir là où il devait réussir, rien de plus, rien de moins. Il est avocat et un avocat est uniquement un technicien du droit. L’avocat humaniste des XVIIIème et XIXème siècles, pétri de philosophie du droit et de latin, est un personnage de livre d’histoire. Étudiant il a, pendant que déjà dans les locaux du RPR ses longues dents rayaient les parquets, fait ce qu’il avait à faire pour passer sans brio particulier les examens que ses ambitions le poussaient à avoir. En dehors de la politique politicienne rien ne l’intéresse. Aucune curiosité ne l’a jamais incité à enrichir sa personnalité, seule l’ambition l’encourageait à se dépasser pour atteindre les sommets. Aussi il n’est pas étonnant, pour un tel homme, que la réussite de ses projets doive être proclamée de façon ostentatoire tel l’alpiniste plantant son drapeau au sommet de l’Everest (à la différence près que pour Sarko le drapeau doit être visible par le monde entier). La pauvreté de ses goûts alliée à cette soif de reconnaissance lui donne ce genre « m’as-tu-vu », ce bling-bling affiché surprenant pour les Français plus habitués au luxe discret des élites cultivées. Cette attitude il la partage avec nombre de ses amis. Christian Clavier est pratiquement son double, mêmes vêtements, même Rolex, même assurance agressive de parvenu. Clavier a fini par ressembler aux personnages qu’il incarnait dans « Les bronzés » ou « Je vais craquer » celui du petit bourgeois voulant péter plus haut que son cul.

Les femmes aussi sont symptomatiques du complexe Sarko. Il fréquente un mannequin comme certains de ses potes (Reno, Arthur, Virenque). J’aurais du écrire qu’il fréquente ENFIN un mannequin parce que sa carrière sentimentale suit sa carrière politique. Lorsqu’il était un jeune loup du RPR et qu’il lorgnait la mairie de Neuilly, il épousât une jolie petite bourgeoise du 16ème, pas extraordinaire mais mignonne avec son petit rang de perle obligatoire et son carré de soie indispensable. En prenant du galon il a échangé sa petite bourgeoise pour une grande bourgeoise plus élancée, plus belle, plus classe, plus adaptée à l’exposition de son nouveau statu. Enfin arrivé au sommet, comme un drapeau éclatant qui nous agite sous le nez, il exhibe un top model international. 

t_tedepuceau

Lorsque je vois cette bonne vielle tête de puceau posant avec son premier trophée je pense toujours à une anecdote qui m’est arrivée à la fac de droit. Certains d’entre vous savent, pour en avoir fait partie, que nous formions une bande d’étudiants pas très préoccupés par les études mais qui cahin-caha parvenaient, sans fournir d’efforts démesurés, à progresser dans le cursus. La vie était trop courte et trop belle pour s’encombrer des principes généraux du droit ou de la double mobilisation en droit cambiaire. On sortait, on draguait, on baisait, on bouquinait, on allait au ciné, au restau, au concert, on riait, on profitait de nos vingt ans (un peu trop peu être...). En un mot nous cultivions notre coolitude. Un soir, pendant une bringue, alors que sur la piste de danse se lâche une bande de morceaux de fous entourés de demoiselles à la vertu extensible (merci mon Dieu!), je me trouve à proximité de deux étudiants modèles, pantalons à pinces, chemisette et gilet Lacoste, pas un pli, pas un pan qui sort de la ceinture et avec cette même tête que Sarko jeune. Ils regardent avec beaucoup d’intérêt la folle farandole des excités de la bistouque et soudain l’un d’eux dit à l’autre : « Regarde ces abrutis... Tu verras quand on sera avocats nous aussi on les niquera toutes... » . Il avait raison ! Ou étions nous lorsque le jeune Sarkozy se faisait la même réflexion, lorsqu’il se disait qu’il allait montrer à tous ces abrutis de quoi il serait capable. Nous jouissions et nous avions raison. Seulement les épicuriens et les hédonistes ne sont pas des ambitieux et les ambitieux sont plus efficaces que les jouisseurs.

Dernière réflexion : Dans les milieux favorisés les enfants souvent optent pour une carrière en adéquation avec les intérêts ou les goûts où même une certaine vision du monde de leurs parents. Pour nos Présidents par exemple : Giscard est un technocrate avec des velléités d’écrivain sa fille est devenu éditrice c’est-à-dire qu’elle allie à la fois l’aspect administratif et littéraire de son père ; Mitterrand se piquait de belles lettres et de culture, sa fille est devenue écrivain ; Chirac est nul pratiquement pour tout mais, aux dires même de ces ennemis, il est un homme de contact génial, sa fille est dans la communication. Le fils de Nicolas Sarkozy est producteur de rap sous le nom de Mosey. Quel rapport avec le Président ? Vous avez déjà vu un clip de rap ? Grosses voitures, montres voyantes, fringues de marques, bombes sexuelles, le rap est un univers où l’ostentation est portée au rang de style de vie. On a tout dit. Non ?!

Posté par bafouille à 16:53 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

L’ABUS DE DARIO FO NE NUIT PAS GRAVEMENT À LA SANTÉ

Nous avons tous des petites manies dont nous ne voulons, sous aucun prétexte, qu’on nous délivre. Et dans la mesure ou ces petites manies ne font de mal à personne et qu’elles nous font du bien, nous serions de bien piètres hédonistes si nous ne nous y accrochions pas comme à de petits trésors. Pour ma part, j’en ai quelques unes (et là je sais bien qu’il y en a qui rigolent franchement en se disant que ce que j’appelle petite manie n’est sans doute que l’activité favorite d’Onan pour narguer le Très Haut). Pour en revenir à ces petits plaisirs : en voici un des miens. Lorsque j’entre dans une librairie que je ne connais pas je regarde toujours deux choses : ont-ils les œuvres complètes de Borges dans la Pléiade (pas rééditées depuis presque 10 ans depuis que cette hyène de Maria Kodama, la dernière compagne de l’auteur, en bloque les droits) et ont-ils le « Johan Padan a la découverte des Amériques » de Dario Fo. Je ne suis jamais déçu de ne pas trouver ces ouvrages parce que dénicher un exemplaire de la Pléide-Borges serait de l’ordre du miracle et qu’un miracle ça ne s’exige pas et parce que le Johan Padan de Fo est le dernier de la série de ses textes traduits en français (dans la collection Dramaturgie) qu’il me reste à lire. Ensuite il faudrait que j’attende une nouvelle traduction ou alors que j’apprenne l’italien.

02_PORTRAITS_Dario_Focouvfo

Depuis Samedi dernier il va falloir que je me décide puisque j’ai enfin rencontré Johan Padan. Lorsque je suis tombé nez à nez avec lui, après un moment d’incrédulité, je me suis mis à effectuer des petits bonds sur place en battant frénétiquement des mains, un peu comme le font les adolescentes hystériques lorsqu’elle parlent du mec le plus cool du lycée qui vient de leur jeter un coup d’œil furtif en sortant des toilettes. Après avoir récupéré une dignité qui sied plus à mon âge et à ma fonction, je suis sorti de la boutique avec mon nouvel ami sous le bras pour aller faire plus ample connaissance dans l’intimité de ma demeure.

J’ ai passé trois heures merveilleuses. Dario Fo est un génie ! Il renvoie à leurs études tous les intellectuels coincés du cul qui encombrent nos écrans, nos journaux et les rayonnages de nos librairies. Son œuvre est érudite, profonde et engagée et pourtant on explose de rire à toutes les pages. Il démontre à tous ceux qui confondent profondeur et abyssal vide, érudition et ennui, sagesse et tristesse que la vie est une garce perverse et injuste mais avec une paire de seins et un cul à damner tous les saints du paradis. Il démontre que l’humour est l’alpha et l’oméga de l’intelligence. Il démontre que la seule réponse à l’insignifiance de l’existence humaine ne peut être qu’un éclat de rire libérateur et rebel. Voilà qui est le Divin Bouffon Dario Fo.

Bon ! Je vais aller m’acheter une méthode Assimil d’italien.

Posté par bafouille à 16:06 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

LES ÂNES AUSSI SAVENT LIRE ou LA LOGIQUE PERVERTIE

Hier soir (24 janvier) d’un œil morne et d’un doigt agile je parcourais l’étendue sinistrée du PAF… Enfin je veux dire (pour ceux qui auraient mal compris) qu’a moitié endormi, je zappais dans l’espoir fou de trouver un programme digne d’un quelconque intérêt lorsque soudain mon attention est arrêtée par un vieux gus qui lit une sorte de dissertation philo-logico-juridico-théolo-portnawak. Un truc aussi bizarre ne peut que passer sur Arte. Au bout de quelques minutes je crois comprendre le principe de l’émission : un comédien lit une transcription fidèle de prêches dont l’auteur est manifestement un musulman fondamentaliste. 

dischamb

Le parti pris du réalisateur est, sans aucun doute possible, de ne donner aucun relief aux propos du prêcheur, de ne pas inciter le spectateur à juger par l’entremise de commentaire ou d’une présentation ambiguë. Le décor et le montage sont donc pratiquement inexistants (seuls quelques changements d’axe rompent la monotonie des images), le ton de la lecture est neutre, tous les événements (rires ou commentaires dans la salle) sont signalés par un blanc titre aux spectateurs. Tout est fait pour que l’attention se porte uniquement sur le discours et que seul le discours soit pris en compte pour établir un jugement sur son contenu.

Renseignements pris à posteriori :

l’émission s’intitule « Discours de Hambourg » . Voici ce que nous dit le site d’Arte à propos du film : « À la fin des années 90, Mohammed Fazazi devient l'imam d'une mosquée de Hambourg. En janvier 2000, pendant les derniers jours du ramadan, il donne dans la salle de prière plusieurs "leçons" sur les règles de vie préconisées aux fidèles musulmans et répond aux questions des membres de l'assistance. Ces séances sont filmées en vidéo et les cassettes sont ensuite vendues, notamment à la librairie de la mosquée. Après les attentats du 11-Septembre, il s'avère que trois des kamikazes qui constituaient ce que l'on a appelé le groupe de Hambourg - parmi lesquels Mohammed Atta, présenté comme le cerveau de la cellule par le FBI - fréquentaient cette mosquée et avaient des contacts suivis avec l'imam Fazazi. »(…) "Sur la base de la vidéo (...) le jeune cinéaste allemand Romuald Karmakar a choisi de reconstituer dans leur intégralité deux de ces prêches, tels qu'ont pu les entendre les fidèles de la mosquée."

Se taper les prédications d’un intégriste à l’heure où d’autres courent la gueuse, se font une bonne bouffe ou se matent un bon film, là, même moi, j’ai pensé : « mon petit vieux ! Tu files un bien mauvais coton ou t’es en train de partir de la cafetière !!! ». Parce qu’on les connaît les fous de Dieu, les imams illuminés, les jihadistes cintrés, comme on connaît les prêtres hallucinés, les rabbins hystériques ou les évangélistes azimutés, tout ça c’est que du fondu, du zimbrec, de la graine de psychopathe sadique avec des vrais morceaux de martyres dedans. Alors pourquoi gâcher une soirée à écouter la diarrhée verbale d’un bas-de-plafond théologique ? Ne faut-il pas être complètement désespéré, frustré, désenchanté (ou les trois à la fois) pour permettre à de telles paroles de souiller le temple immaculé de sa sapientiale Raison ? D’abord, je vous interdit de penser, même une seconde, que je puisse être désespéré, frustré ou désenchanté à part, peut-être, lorsque j’entends pérorer un soit disant socialiste ou que je regarde péniblement une pseudo comédie française filmée avec une truelle. Ensuite, sommes-nous fondés à penser que tous les fondamentalistes soient sujets à des pathologies psychiatriques ? Je dirais même plus, ne peut-on pas voir un être humain se comporter comme un bourreau ou comme un boucher sans avoir la tentation confortable de le qualifier de monstre ? Hitler et toute sa bande de comiques troupiers n’étaient pas des hommes, ils étaient des monstres sanguinaires sans aucune commune mesure avec nous. Illusion rassurante ! Hitler, Staline, Jack l’éventreur, Pol Pot… étaient des nôtres, ils nous représentent aussi sûrement que Gandhi ou Saint François d’Assises. Ils nous représentent peut être mieux, parce qu’il est si difficile de s’élever et si facile de tomber. Primo Levi a écrit à propos des tortionnaires d’Auschwitz : « Ils étaient faits de la même étoffe que nous, c’étaient des êtres humains moyens, moyennement intelligents, d’une méchanceté moyenne : sauf exception, ce n’étaient pas des monstres, ils avaient notre visage. » Là réside l’insoutenable vérité.

L’homme est un animal raisonnable. Tous les « monstres » de l’histoire étaient doués de raison et, hélas pour leurs victimes, ils étaient souvent pourvus de logique. Assis devant ma télévision, il ne m’a fallu que quelques secondes pour reconnaître et être fasciné par la logique limpide émanant du discours de l’imam. Pour un juriste, la logique de la charia est un mets des plus fins. La proposition A entraîne la proposition B qui entraîne la proposition C… Catégories, sous catégories, prémisses, conclusions, règles, exceptions, raisonnement à priori, à contrario… un véritable festival, une orgie de rigueur, une débauche de clarté. De quoi éblouir tous ceux qui cherchent du sens, du soutien, une discipline pour leur vie.

Mais ce qui est logique est-il vrai ? Un raisonnement logique est-il un raisonnement vrai ? Un raisonnement logique ne pourra être vrai que si sa base, sa prémisse est vraie. Si la prémisse est infondée alors le raisonnement malgré sa logique formelle sera faux. Cette prémisse est souvent un axiome c’est-à-dire une proposition indémontrable mais évidente pour la raison. Par exemple : X+0 = X. Dans un bar de Besagne se trouvent trois cagoles. Si aucune cagole ne rentre ou ne sort, j’aurai sous mes yeux ravis toujours trois cagoles. Si j’ajoute 0 cagole à trois cagoles, j’obtiens trois cagoles (ce raisonnement marche aussi avec des pommes, des moutons, des glaces à la vanille et des atomes quelconques). Voilà un axiome qui peut aisément être validé par n’importe quel être humain (amateur de cagoles ou non).

La prémisse de la science juridique coranique est que le Coran est la vérité la plus pure puisque il est incréé. C’est-à-dire que Mahomet n’est pas l’auteur du Coran, il n’a pas même été inspiré par Dieu pour écrire le Coran, le Coran lui a été donné par Dieu. Dieu étant de toute éternité, le Coran, émanant de lui, est donc de toute éternité. On ne saurait donc en retrancher une virgule. Il ne peut donc pas avoir de sources rédactionnelles (les récits de la bible hébraïque ou ceux des Evangiles), de contexte historique ou être sous-tendu par un projet politique ou théologique. On ne pourrait donc pas en faire l’exégèse, ou l’’adapter aux réalités du siècle ou expliquer son contenu par l’histoire ou la psychologie. C’est cette croyance qui fonde la logique intégriste de la charia. Toutes les propositions logiques qui découlent des règles du Coran sont vérités puisque il est vérité. Comme prémisse admissible par la raison on a vu mieux. Fonder un système juridique,par nature flexible et évolutif, sur une base immuable et mythique c’est bâtir une forteresse sur du vent. Du point de vue de la Raison c’est une catastrophe mais du point de vue pratique quel succès !

Remarquez bien que ce n’est pas la première fois qu’on nous fait le coup. Un mec ressemblant furieusement à Charlton Heston monte sur le mont Sinaï pour réfléchir au meilleur moyen de donner une législation minimale à une bande de branleurs qui passent leur temps à traîner dans le désert et à se prosterner devant la première idole en or qui passe. Il part du degré zéro de la loi donc il se creuse les méninges pour pondre un truc qui soit fonctionnel et qui ait de la gueule. « Bon, se dit Charlton, voyons déjà le kit de base : prohibition du meurtre, de l’adultère et du vol. Ensuite, un peu de social : tu bosses six jours et le septième tu peux coincer la bulle les doigts de pieds en éventail. Enfin, un peu d’efficacité centralisatrice : un seul Dieu à adorer et plus besoin de se prendre le chou avec les ordres et les contre-ordres de tout un panthéon. Et le jeudi c’est le jour d’untel et le mardi c’est le jour de l’autre et de savoir si t’as le droit de manger de la viande pendant la fête d’un troisième ou de savoir si il faut se raser la tête ou s’épiler les fesses pour plaire à un quatrième... ». Bref ! Rendu à ce point, notre bon vieux Charlton se demande comment il va pouvoir faire avaler la pilule aux traîne-patins et aux pousse-mégots qui zonent avec lui. Il jette un coup d’œil à sa législation qu’il vient de graver sur deux blocs de pierre (à cette époque les imprimantes laser en étaient à leurs balbutiements) et se dit que ça a été un sacré boulot (sans parler des coups de marteau sur les doigts… on peut être envoyé de Dieu et pas être très manuel). Il est saisi d’une angoisse : et si les autres commencent à pinailler ? « Comment ça le repos le dimanche ?? Moi ça m’arrange pas ! Pourquoi pas le mercredi, j’aurai pas les gosses à faire garder… Tu ne convoiteras pas la femme de ton voisin ?? Moi mon voisin c’est un gros naze et sa femme est follement accueillante… non vraiment, je vois pas le pêché ! Tu adoreras un seul Dieu ?? Mais si il est en congés et que mon troupeau a chopé la courante… Je prie qui ?? On a prévu un remplaçant ?… »

Notre Charlton commence à avoir un peu mal à la tête. Soudain il a l’illumination : Dieu lui a donné les tables de la loi ! Ils peuvent venir les autres avec leur « mais… », et leurs « si… », et leurs « ça m’arrange pas… ». Tu attends qu’ils se calment un peu et tu dis « Dieu a dit ! ». Après ça le tas de loqueteux il a qu’a fermer sa mouille. Et si un plus malin que les autres te dis « Dieu n’est pas très clair sur tel ou tel point. On pourrait pas faire comme ça nous arrange ? ». Là, tu le foudroies de tes yeux perçants ou tu lui fous un bon coup de bâton de patriarche et tu dis « Dieu M’a dit . Dieu est très très clair et JE suis son prophète et JE t’emmerde ! » et après tu fais comme ça t’arrange toi.

Et c’est comme ça qu’il leur a vendu l’affaire. J’imagine qu’il y a du avoir un ou deux futés qui à la vue des pansements sur les doigts du prophète ont dû se douter que les tables de la loi n’avaient pas été gravées par le Tout Puissant. Mais après une sainte colère, la réduction en gravillons des tables sur les crânes obtus d’un ou deux incrédules (il a dû râler sec le Charlton lorsqu’il a dû se taper à nouveau l’ascension de la montagne pour une nouvelle séance d’écriture) tout est rentré dans l’ordre et sa stratégie de communication a été un franc succès.

Lorsque l’on s’intéresse au Coran, aux textes sur la vie ou les paroles de Mahomet ( la Sira et les Hadith), on peut, si l’on a très mauvaise esprit comme moi, y découvrir une stratégie de communication similaire. Tout d’abord, rappelons-nous le contexte politico-historique. Mahomet naît dans une famille noble mais pauvre de la Mecque en 571 après JC. A cette époque la péninsule arabique est peuplée d’une multitude de tribus dont le seul lien positif est la langue. Ces tribus ont pour activité principale le commerce avec les deux puissances dominantes l’Empire chrétien de Byzance et l’Empire sassanide. Question religion : c’est un vaste souk. Chaque tribu a son dieu ou ses dieux et tous sont représentés dans la ville sainte la Mecque (dans ou autour de la Kaaba se trouvaient 360 statuts d’idoles). Les tribus sont également en relation avec des populations monothéistes juives ou chrétiennes et il existe, notamment à la Mecque, des monothéistes locaux les Hanifistes. A 25 ans Mahomet épouse une riche veuve de 15 ans son aînée, Khadija. Il fait prospérer les affaires de sa femme en organisant des caravanes vers la Syrie et avec le temps il devient un notable respecté de la bonne société mecquoise qui lui donne le surnom de Probe. A 40 ans il a la révélation de sa mission alors qu’il médite dans une grotte sur le mont Hira (Si vous voulez devenir prophète déménagez dans les Alpes et mettez-vous au trekking parce que manifestement au niveau de la mer la communication avec Dieu ne passe pas !). Quelles sont les motivations de Mahomet ? Ambitions politiques, foi profonde, soif de pouvoir, folie des grandeurs…? Peu importe. Le fait est qu’il rentre à la Mecque, remonté comme une pendule, avec l’intention de mettre un peu d’ordre dans le foutoir polythéiste ambiant en soumettant tout le monde à son autorité et à un dieu unique. Et pour éviter toute discussion assommante et inutile quoi de plus efficace (merci Charlton !) qu’une parole directe de Dieu qui vous explique quoi faire (un peu comme une notice Ikea mais en plus claire). Mahomet est un sacré bonhomme. On ne peut qu’être admiratif de la fougue, de la détermination qu’il mit au service de sa vision, de son projet. Un Dieu, Une nation : Unité et indépendance pour le peuple de la péninsule arabique. Impossible pour un tel projet d’avouer une quelconque influence, impossible d’invoquer le Dieu juif et chrétien sans qu’un lien direct entre ce Dieu et le peuple arabe ne court-circuite les juifs et les chrétiens. Si l’on se place dans les circonstances et si l’on tient compte des mentalités d’alors, on est forcé de constater que Mahomet est un formidable chef de guerre, un pragmatique leader politique qui a fédéré les tribus d’un territoire important (la moitié ouest de la péninsule) en quelques années. Sans être un spécialiste du Coran, il est assez simple de trouver dans le texte les traces de son pragmatisme politique et militaire. Les fameux versets sataniques sont l’expression de ce pragmatisme. En conflit avec les polythéistes de la Mecque, Mahomet veut se les mettre dans la poche histoire qu’ils lui lâchent la grappe cinq minutes. Aussi reconnaît-il publiquement que leurs divinités (une triade féminine) existent et peuvent intercéder auprès d’Allah. Les idolâtres sont contents, ils lui tapent sur l’épaule en lui disant « Finalement, Momo, t’es un mec sympa ! ». Par contre du côté des adeptes d’Allah on tire un peu la gueule. Imposer le monothéisme en se mettant à dos les partisans du monothéisme, c’est un peu risqué non ? Coup de bol, l’ange Gabriel intervient pour faire poliment remarquer au prophète qu’il s’est un peu emmêlé les pinceaux dans un des versets et que ce qu’il a dit est a l’opposé du message divin que lui, Gabriel, s’était esquinté la santé à lui faire apprendre par cœur. Mahomet revient sur ses déclarations et ajoute à l’attention des polythéistes que leurs divinités c’est de la daube et qu’aujourd’hui pour être moderne, il faut se mettre au Dieu unique, sinon t’as vite fait de passer pour un gros faisan. Autre exemple : le pinard. Au début dans les premiers versets qui en parlent l’alcool n’est pas interdit, il est seulement interdit de s’approcher des lieux de prière complètement déchiré. Ensuite seulement le FedEx divin, l’ami Gaby, intervient de nouveau pour que l’alcool et les jeux de hasard (quel rabat joie celui-là!) soient complètement prohibés. Pourquoi un tel interdit ? Les autres monothéismes cousins ne sont pas si catégoriques sur l’alcool et le jeux. Le catholicisme va même jusqu’à sacraliser une boisson alcoolisée, à la faire devenir le sang du Christ. La prohibition de l’alcool par le Coran est motivée par le penchant des bédouins à avoir la cuite turbulente. Ca se passait à peu près comme ça : durant les grands rassemblements les tribus s’ennuyaient ferme autour du feu de camp. Dès la nuit venue on éclusait copieusement. Les esprits s’échauffaient, on sortait la boite à gifles et parfois un des joyeux fêtards restait sur le carreau. Ou alors, un des soiffards proposait un jeu idiot à un autre assoiffé, du genre « je te parie mon troupeau et mes esclaves que la prochaine personne qui rentre dans la tente est un bédouin ». L’autre qui en était à sa douzième pinte de vin de palme répondait avec une bouche bien pâteuse « tenu ! ». Bien entendu il perdait. Au bout d’un instant, à travers les vapeurs alcoolisées il apercevait une lueur : « Infecte idolâtre (c’était l’insulte suprême) y a que des bédouins dans le camp... Tu m’as roulé fils de chamelle (insulte tout à fait satisfaisante également). » On ressortait la boite à gifles et un des deux restait sur le carreau. Ou encore (là c’est mon anecdote préférée) un bédouin plus trop étanche se levait en titubant : « Putain ! On s’emmerde sec ici... » Il cherchait dans sa cervelle imprégnée un truc intelligent ou constructif à dire histoire d’égayer la soirée. Fatigué de chercher il se contentait de : « Moi ! Monsieur ! j’me fais des couilles en or ! ». Un autre, qui cherchait ses clefs de chameau dans le sable depuis une bonne demi heure, tournait la tête, le toisait d’un oeil vitreux et rétorquait : « Ah ouai ! ton chameau il a même pas toutes les options ! ». Et l’alcoolique vantard de répondre : « Un chameau encore sous garantie... une merveille de technologie... élu chameau de l’année dans Chameau Magazine ... Ben, moi, Monsieur, ce chameau j’en n’ai rien à battre. Je l’égorge devant toi... Tu vas vois si j’suis pas cap ! ». « Ben moi, répondait l’autre, j’suis tellement pété de thunes que j’vais en égorger dix de chameaux ! ». « Et alors ! moi je vais en égorger vingt ! ». Ils allaient chercher les chameaux et à deux il en égorgeaient une bonne quarantaine. Bon, dans ce cas là on sortait pas la boite à gifles mais les chameaux restaient quand même sur le carreau. Au bout d’un moment Mahomet a du en avoir marre de tout ce gaspillage de bédouins et de chameaux et hop ! un verset sur l’interdiction de l’alcool et des jeux à la con.

La tonalité des versets au sujet des Juifs changent en fonction de la variation des circonstances politiques. Au début les ennemis sont les idolâtres, les Juifs sont des gens du Livre, des enfants d’Abraham, des potes quoi ! Lorsque Mahomet arrive à Médine, il y a plusieurs tribus juives dans la ville. Tout va bien, entre monothéistes on se comprend. Est conclu le Pacte de Médine où les croyances juives sont reconnus et où les juifs sont considérés comme faisant partie de la Umma (la communauté des croyants). Et puis une jour, un rabbin a voulu faire le mariole : « Dites-moi, très cher ami, vous dites que Moïse, lorsqu’il a été en présence du Très Haut, a vu la montagne exploser... C’est curieux par ce que dans mon livre à moi, il est dit qu’il a vu un buisson ardent. Voyez c’est écrit juste là » .Il montrait du doigt le passage et avec un petit regard condescendant par dessus les lunettes il ajoutait « Comment vous expliquez ça, mon cher ? ». Mahomet a du être un tantinet agacé qu’on puisse contredire sa révélation avec une autre révélation. C’est là que les choses ont commencé à se gâter entre Musulmans et Juifs. La révélation la plus pragmatique concernant les Juifs se produit lorsque Mahomet veut chasser une des tribus de la ville. Des Musulmans ont été fait prisonniers par les idolâtres et ils réclament une rançon. Mahomet se dit qu’il va aller demander aux Juifs d’en payer une bonne partie avec l’espoir secret d’un refus qui justifiera leur expulsion et la confiscation de leurs biens. « Mes chers amis, certains de mes hommes sont dans la panade et j’aurais aimé que vous allongiez l’oseille pour leur libération. » Les rabbins répondent avec un grand sourire engageant: « Mais bien sûr, cher ami, avec plaisir ». Il devait pas s’attendre à celle là et pendant quelques instants il reste silencieux et immobile. Soudain, au moment même où les compagnons du Prophète commençaient à trouver le temps long, il se lève sans un mot, même pas un petit merci, et sort de la pièce. Ses compagnons le rattrapent avec empressement parce qu’ils se disent qu’il a peut être eu un coup de chaud ou un début d’indigestion. Mahomet les rassure ; il a mis son chapeau et a mangé légèrement à midi. Ils s’étonnent alors de son attitude qui même pour un prophète n’est pas des plus polies. Il leur dit : «  Mon contact avec qui vous savez, l’agent Gabriel, vient de me prévenir que cette tribu complote avec mes ennemis pour m’assassiner. » On vira donc la tribu et on confisqua ses biens. Sacré Gaby, toujours là au bon moment.

Une dernière révélation opportune pour la route. Celle là est d’ordre personnel mais il faut bien que le job de prophète ait quelques avantages. Un jour Mahomet va rendre visite à son fils adoptif Zaïd. Ce dernier n’est pas là et c’est son épouse qui le reçoit. Mahomet la connaissait et ne l’aimait pas. Ce jour là pourtant, je ne sais si l’odeur des jasmins capiteux était enivrant ou si la lumière, à travers les persiennes, modelait le visage de cette femme en la rendant irrésistible ou si elle portait un décolleté affriolant, ce jour là donc notre prophète se sent émoustillé. Il rentre chez lui un peu embêté parce que la loi est claire : on ne peut pas épouser la femme de son fils même si on est le prophète de Dieu. Peu de temps après Gaby amenait un télégramme de Dieu à peu près rédigé en ces termes : « Petit veinard, stop, autorisation exceptionnelle épouser qui tu veux, stop, bonne bourre, stop, Bisous, stop. D. » Aïcha, son épouse préférée, à l’occasion de la révélation de ce verset lui dit sur un ton où l’on percevait une certaine ironie « Je vois que ton Dieu s’est empressé de t’exaucer ». Ca sert d’avoir des amis haut placés !

Essayons de résumer ce long développement (désolé, je me suis laissé emporter au départ je ne voulais écrire que deux pages !). Chez les fondamentalistes la logique juridique n’a rien à envier à nos législateurs modernes. Mais la base de leur législation est le Coran et cette base est immuable et insusceptible d’interprétation puisqu’elle est la parole de Dieu. Pourtant le Coran a été écrit à une certaine époque, dans certaines circonstances. Il est donc adapté à ses circonstances et à un temps donné. On pourrait dire que le Coran est la vérité d’une époque. Il pouvait donc servir à cette époque de base logique à une législation efficace et adaptée. La perversion de la logique de la charia réside dans son vice caché. Un peu comme si vous achetiez une voiture et lorsque nous ouvrez son capot vous vous apercevez qu’à la place du moteur vous avez un tas de briques. Les briques c’est idéal pour construire une maison mais pour faire rouler une bagnole... Pourtant vu du l’extérieur votre voiture semble parfaite. N’importe qui vous dirait que vous avez tout l’air d’un pigeon et que le vendeur est un escroc. Le Coran était idéal pour bâtir une religion et une nation mais pour donner son dynamisme à une législation propre au XXIème siècle son efficacité est nulle. Ceux qui prétendent le contraire sont ou des pigeons ou des escrocs.

Lorsque l’on parcourt le Coran, la Sira ou les Hadith on s’aperçoit de la violence qui les sous-tend. Rien de choquant à cela. Ces écrits ont été rédigés en pleine révolution religieuse et sociale dans une époque où l’Islam se battait physiquement pour sa survie et où le guerrier avait un rôle social omniprésent. Qui s’offusquerait de la violence des écrits de Saint Just ou de Robespierre ? Ces écrits ont le caractère des époques qui les ont produits. Les Salafistes (l’imam Fazazi en fait partie) ont pour idéal le retour vers un islam des origines. Leur fidélité aux textes antiques tend donc vers l’obsession. Leur rapport aux textes est inversé c’est-à-dire qu’originellement les circonstances politiques et sociales ont généré le Coran alors que pour eux le Coran doit générer les circonstances politiques et sociales actuelles. Le Coran étant adapté au combat, pour eux il faut donc créer cette situation de combat pour que le Coran puisse prendre tout son sens. Dans les prêches de Fazazi le monde entier est une zone de guerre. Terrifiant !

Dernière petite remarque : Fazazi est pour moi le parangon de ce que j’appellerais le savant-ignorant. Casanova citait souvent cette phrase : « méfiez-vous de l’homme d’un seul livre ». Un homme qui possède sur le bout des doigts un unique livre est dangereux parce qu’il peut expliquer le monde grâce à lui. Mais son explication est fausse parce qu’elle exclut tous les autres champs de la connaissance. Un tel savoir refuse tous les autres savoirs. Le discours d’un tel homme est séduisant pour les tous ceux qui ne possèdent aucune science. A leurs yeux il est sûr, inattaquable, omniscient. Comment leur dire que c’est l’exacte contraire de ce que doit être la science.

Pour finir (désolé mais Horace écrivait « Lorsque je suis bref, je deviens obscur », cela dit je ne suis, hélas, pas Horace) je ne résiste pas au plaisir de payer les faussaires avec de la fausse monnaie. Pardonnez alors ce morceau de logique absurde :

Les hommes savent lire.

Les hommes sont des mammifères.

Les ânes sont des mammifères alors les ânes aussi savent lire.

Monsieur Fazazi manifestement sait lire. Je ne pense pas qu’il ai de grandes oreilles pourtant il m’a tout l’air d’un âne.

Posté par bafouille à 15:53 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

2008 COMMENCE BIEN … ET MERDE !

Vendredi 4 janvier 2008. Je suis de retour à Bordeaux, finalement pas mécontent de retrouver mes Pénates. Bien décidé à abattre tout le travail que j’avais amené à Toulon uniquement pour lui faire prendre l’air, je commence par piquer un petit roupillon de quelques heures pour récupérer d’avoir super bien dormi durant le voyage. 17 heure, devant la désertitude (tien ! je devrais entrée au parti socialiste) de mon frigo qui m’évoque irrésistiblement le vide intersidéral entre les oreilles d’un star académicien et parce que j’ai une méchante envie de piloter mon terrible engin (qui me donne des désirs dans le creux de mes reins…) je décide d’aller faire les courses et d’aller ensuite boire un coup au centre ville. Me voilà donc parti, beau comme un astre sur mon fidèle destrier, un peu comme Bellérophon sur Pégase mais en plus gros et en moins grec. Mais que vaut la superbe face à un engorgement du trafic urbain ? Pas grand-chose, ma brave dame ! Là, le fier cavalier des steppes, le preux chevalier, le cow-boy de Brokeback Mountain (mais en plus gros et en moins gay), ils peuvent toujours faire les cakes coincés entre la camionnette de Dédé le roi du débouche chiottes et la Twingo de Ginette la secrétaire habillée par la Redoute et coiffée par Jean-Louis David ( bonne quand même !). Bon ! au bout d’un moment, Tonnerre Mécanique et moi on commence à se faire un tantinet chier, donc on décide de feinter tout le monde et de passer par les petites ruelles pour arriver enfin sur la place Gambetta où je vais pouvoir finalement déguster un verre et mater, avec la sérénité du vieux sage, les petits culs qui passent. Après une série de rues étroites et sinueuses, je débouche sur le cours de l’Intendance, vaste rue d’une trentaine de mètres de large où passent deux lignes de tram. Je tourne à gauche sur le cours en faisant fi de l’insignifiant panneau suivant :

panneau_cycles06

D’aucun diront qu’avec l’âge ma vue baisse ou que mes neurones commencent à se transformer en pâte à tartiner ou encore que j’ai un sens civique digne d’un millionnaire réfugié en Suisse. Pour ma pitoyable défense je n’ai qu’à arguer la faible vitesse de mon allure (moins de 30 km/h) et le fait que cette rue a deux sens de circulation pour le tram dont une seule est ouverte à la circulation automobile. En bref que ma conduite, quoique complètement illégale, n’avait rien de dangereuse. Pour que vous ayez un aperçu de la situation voici une photographie de l’endroit :

cours_intendance

Pour tous ceux qui trouvent que je commence à être un brin longuet qu’ils se rassurent j’en arrive au cœur de mon propos.

Je n’ai pas fait plus de 40 mètres que sortant de l’ombre où ils s’étaient cachés apparaissent, tels les puants hommes des sables de Star Wars, une petite troupe de Schmits, de Pinots, de cognes, de condés, en bref la fine fleur de la maison poulaga. Avez-vous remarqué la propension qu’ont les argousins à se fondre dans le paysage. Un peu comme si on croisait l’inspecteur Derrick avec un caméléon. Dans le temps lorsqu’ils portaient un bon vieux képi et une vareuse, leur silhouette mi Général De Gaule mi gardien de square nous aidait à les repérer de loin. Aujourd’hui avec leur horrible blouson et leur affreuse casquette, on les confond trop facilement avec les agents SNCF ou même, comble de l’ironie, avec de jeunes consommateurs de hip hop et de substances. Où sont donc nos Longtarin et autres agents 212 ?

A212plongtarin

Bref, revenons sur le cours de l’Intendance. L’un des pandores, à première vue une femme, traverse d’un pas lent la voie (faut dire que j’arrivais pas comme une fusée) et d’un geste fatigué par la routine me fait signe de m’arrêter. J’obtempère. Là, mon instinct de grand fauve me dit que la chance m’a définitivement abandonné. Me faire chopper en plein sens interdit c’était déjà pas de veine mais si les Dieux avaient été un peu conciliants j’aurais été interpellé par ce type d’agent :

20060110b

Alors qu’avec leur humour à la con les Dieux m’avaient réservé ça (ou quelque chose d’approchant) :

fliq

Premiers contacts pour une rencontre du 3ème type :

« -B’jour M’sieur, vous roulez en sens interdit. »

-J’en ai bien l’impression…

-Les papiers du véhicule, s’il vous plait… Si vous payez dans les trois jours, l’amande sera d’un montant de 90 €, après ce délais elle passe à 135 €.

J’acquiesce d’un hochement de tête et ce simple geste me fait prendre conscience que je n’ai pas eu besoin d’invoquer l’intervention de tous les stoïciens du passé pour conserver mon calme. Serai-je devenu un sage ? …

-Et ça fera aussi 4 points

Splatch ! mon stoïcisme s’écrase comme un vieux flanc.

QQQooOOAaaaAAArrghhh!!!!... Ce qui en langage intelligible peut se traduire par : Quoi !

C’est pas évident de vous faire entendre l’intensité et la détresse de ce cri. Imaginez un mélange de haka néo-zélandais pour la violence, de hurlement de loup pour la lancinance, de scie circulaire pour la stridence, et du râle de l’agonisant pour le déchirement et vous aurez une approximation de la plainte qui s’échappa du fond de mon être. Après un bref instant utilisé à pratiquer une méthode d’hyperventilation sensée me faire recouvrir toute ma sérénité, j’ose cette question.

-Ôtez-moi d’un doute, le retrait de points ça a été inventé pour sanctionner les conduites dangereuses ? Est-ce que vous pensez vraiment que ma conduite était dangereuse ?

-Vous étiez en sens interdit.

-Je sais... Mais je ne roulais pas comme un gaga et en plus cette rue a deux voies de circulation puisque le tram la remonte. Aucune voiture ne pouvait venir sur cette voie.

-Vous étiez en sens interdit.

-Je dis pas le contraire ! Mais 4 points pour avoir pris la voie du tram c’est un peu sévère, non ?

-Vous étiez en sens interdit.

-Si je téléphone au volant d’une voiture ou que je tourne sans clignotant, je perds combien de points ?

- 2 et 3

Heureusement qu’elle n’a pas répondu une fois de plus «Vous étiez en sens interdit.» sinon j’aurai probablement passé la nuit au poste.

-A chaque fois que je prends ma moto, je manque de me faire couper en deux par des gus qui téléphonent ou qui ne mettent pas leur clignotant, et eux ils ont droit qu’à 2 ou 3 points ! Et si je picole, je prends combien ?

-6 points.

-Et bien ! La prochaine fois je picolerai au moins je perdrai des points pour une bonne raison et puis je prendrai un peu de bon temps.

-Vous étiez en sens interdit.

Mon royaume pour un calibre 12, pensai-je dans un premier temps puis je me contentai de dire :

-D’accord ! Et donc c’est mal… aussi mal que de déboîter sans prévenir ou de brûler un feu ou de rouler bourré ? Et aussi mal que de braquer une petite vieille ou que de vendre de l’héro à la sortie des écoles ???? Que de coucher avec Oussama Ben Laden alors ???

-Vous étiez en sens interdit.

Tant d’intelligence dogmatique me donne l’impression de discuter avec Georges Bush bloqué sur son mantra favori « il faut combattre l’axe du mal ». Et soudain j’ai cette révélation :

axe

Je me retrouve coincé dans une guerre manichéenne de civilisations. Et là j’ai peur ! Et si tout ça faisait partie d’un vaste complot mondial pour le compte de je ne sais quelles organisations internationales qui s’affrontent dans le but de contrôler la planète, la galaxie, l’univers et sa proche banlieue ? L’un de ces futurs maîtres du monde - le tout petit, tout nerveux, tout tape-à-l’oeil avec la Rolex et le mannequin - aurait trouvé cette idée géniale d’obliger les forces de l’ordre de son pays, sans doute pour financer un de ses plans pervers et machiavéliques, à soutirer le plus d’argent possible sous couvert de prévention à des usagers sans défense. Les pauvres policiers obligés de remplir des quotas et donc de guetter l’infraction là où elle est évidente, courante et pas trop difficile à réprimer au lieu de traquer les chauffards alcooliques et dangereux dans les endroits où leurs comportements représentent de réelles menaces. Soudain je réalise que j’ai en face de moi la victime inconsciente qu’un despote a réduite à la simple fonction de machine à sous. Je tente de lui exprimer mon regret de la voir dans cet état. Je lui dis : 

- ça vous énerve pas trop de remplir des quotas et de servir à rien ? Parce que si ça vous tente je peux vous indiquer près de chez moi quelques sens interdits que les automobilistes remontent en marche arrière et à fond de train sans savoir si au bout de la rue un véhicule s’engage… là au moins vous servirez. Mais bon ! vous ferez pas 10 pv à l’heure.

Elle a pas vraiment eu l’air intéressée, elle m’a même jeté un regard noir comme l’enfer et elle m’a dit :

-Vous étiez en sens interdit !

Ensuite elle m’a donné mon Pv et m’a rendu mon permis et elle est partie… vers deux autres deux roues qui, comme moi, avaient eu l’inconvenance, la perversité et la fourberie d’avoir souillé la sacro sainte voie du tram qui pour les siècles des siècles, la divinité et l’équilibre de l’univers est et restera, dans la pureté d’une gloire absolue, un sens interdit, amen!

Voilà mon 4 janvier 2008 qui inaugurait mon retour à Bordeaux et entamait prématurément les espoirs que j’aurais pu mettre dans cette nouvelle année.

A part ça, ça va !

Je vous embrasse tous

Posté par bafouille à 14:35 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]